DOSSIER SPÉCIAL. La mise en service prévue à partir de 2035 des premiers des six nouveaux réacteurs nucléaires de deuxième génération (EPR2) renforcera le rôle de la Force d’action rapide du nucléaire (FARN). Créée par EDF après la catastrophe de Fukushima au Japon, cette unité unique en son genre serait en première ligne en cas d’accident sur le parc français de centrales. Explications.Le 15 février, la Force d'action rapide du nucléaire, la FARN, vient de mener, un nouvel exercice simulant un accident nucléaire à la centrale de Cruas dans l'Ardèche. L'opération a mobilisé plusieurs dizaines d'agents EDF appartenant aux « forces spéciales » de l'électricien, comme ce fut le cas également du 9 au 15 décembre à la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain, située à 25 km à l'est de Lyon. Objectif : s'entraîner à parer à différents types d'accidents
«Ce type d'entraînement a lieu en moyenne cinq fois par an pendant une semaine.L'objectif est de s'exercer régulièrement sur des centrales différentes et à partir de scénarios variés»,Llyod Alvado-Brette, le responsable de la Force d'action rapide du nucléaire basé à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, dans le Loiret, l'un des quatre services régionaux de l'Hexagone.
L'alimentation en eau et en électricité, les deux risques majeurs
Deux risques majeurs d'agression sont en effet pris en compte en priorité par l'opérateur EDF. Il s'agit, d'une part, de la perte d'alimentation en eau assurant le refroidissement du cœur nucléaire de la centrale. Dans ce cas de figure, la FARN recrée le refroidissement grâce à des moyens extérieurs de pompage d'eau.
Le second type d'accident peut provenir, d'autre part, d'une perte de l'alimentation électrique provoquée par un phénomène météorologique. Inondation, vent violent, tempête - ou tsunami comme à Fukushima au Japon -, constituent les perturbations les plus redoutées par les autorités. D'énormes groupes électrogènes de 100 kilowatths (kW) viennent dans ce cas se substituer aux moyens énergétiques traditionnels hors d'usage.
Prise de conscience après la catastrophe de Fukushima
Regroupant quelque 300 agents, la FARN a justement été créée après la catastrophe de Fukushima, sur la côte est du Japon, survenue le 11 mars 2011. Afin d'améliorer la sûreté de son parc, EDF a mis sur pied l'année suivante cette force d'intervention rapide.
Guillaume Fischer, à Tours