Pétrole : 2017, l'année du retour à l'équilibre du marché ?

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Par ailleurs, a consommation d'or noir augmentera en moyenne de 1,2 mbj chaque année, passant de 95,6 mbj en 2016 à 101,6 mbj en 2021.
Par ailleurs, a consommation d'or noir augmentera en moyenne de 1,2 mbj chaque année, passant de 95,6 mbj en 2016 à 101,6 mbj en 2021. (Crédits : Reuters)
Le marché va se rééquilibrer en 2017 avec un "alignement de l'offre et de la demande", juge l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Mais les stocks accumulés bloqueraient une remontée des prix significative. Sauf événement géopolitique majeur ou de nouveaux projets pétroliers insuffisants pour maintenir la production d'or noir future.

La question est sur de nombreuses lèvres. Quand les prix du pétrole vont-ils remonter durablement ? Depuis juin 2014, ils ont plongé de plus de 70%. Lundi, le baril de Brent atteignait 34,34 dollars à 14h. En 2014 et 2015, l'offre a largement excédé la demande, les surplus atteignant respectivement 0,9 million et 2 millions de barils par jour (mbj), explique l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans un rapport oublié lundi 22 février. Elle prévoit encore une offre excédentaire de 1,1 mbj en 2016, mais également une nouvelle donne dans un an. Revue de détail des prévisions de l'Agence internationale de l'énergie pour le marché de l'or noir entre 2016 et 2021.

Un marché rééquilibré en 2017

"Ce n'est qu'en 2017 que nous observerons enfin un alignement de l'offre et de la demande", a ainsi assuré l'Agence internationale de l'énergie. Néanmoins, les stocks énormes accumulés "freineront le rythme du redressement des prix".

Pas de franche remontée des prix à prévoir sauf si...

L'Agence estime ainsi que, sauf surprise, il y a peu de chance que les prix se redressent fortement dans un avenir immédiat à moins qu'un événement politique majeur survienne. "C'est très tentant, mais aussi très dangereux, de dire que nous sommes dans une nouvelle aire de prix bas pour le pétrole", explique l'institution, citée par Bloomberg.

Egalement, une flambée des prix n'est pas à exclure si les investissements dans de nouveaux projets pétroliers s'avèrent insuffisants pour maintenir la production future. Roberto Casula, le chef du développement d'ENI, une entreprise italienne spécialisée dans les hydrocarbures, estimait au début du mois que l'industrie pétrolière court le risque de ne pas pouvoir faire face à la croissance de la demande, si elle réduit trop drastiquement ses investissements en raison de la faiblesse des prix.

Une hausse de la production mondiale fortement ralentie

Au total, la production devrait augmenter de 4,1 millions de barils par jour (mbj) entre 2015 et 2021, principalement grâce à l'Iran et aux Etats-Unis, mais elle marquerait tout de même un fort ralentissement après la hausse de 11 mbj enregistrée entre 2009 et 2015.

Dans le détail, après une décrue cette année, la production d'or noir des pays non Opep va se stabiliser en 2017 puis augmenter à partir de 2018. La production aux Etats-Unis va suivre plus ou moins la tendance des pays non Opep, estime l'AIE. La production d'huile de schiste reculerait de 600.000 b/j cette année et encore de 200.000 b/j au début 2017 avant de se reprendre progressivement pour atteindre un pic historique de 14,2 millions de barils par jour d'ici 2021.

L'Iran fera grimper sa production de 340.000 b/j, pour que celle-ci atteigne 3,94 mbj en 2021, prévoit l'Agence. Téhéran avait annoncé le 17 février son soutien à "toute mesure pour stabiliser le marché", sans toutefois promettre d'agir en gelant sa production d'or noir.

Une consommation mondiale en hausse régulière

Par ailleurs, la consommation d'or noir augmentera en moyenne de 1,2 mbj chaque année, passant de 95,6 mbj en 2016 à 101,6 mbj en 2021. Le principal moteur de cette croissance sera l'Asie, assure l'Agence. Et ce, malgré l'orientation de la Chine vers une économie de services, notamment.

Encore des investissements en baisse en 2016

Les investissements dans l'exploration-production devraient chuter pour la deuxième année consécutive en 2016, du jamais-vu depuis le contre-choc pétrolier de 1986: après un recul de 24% l'an passé. L'AIE prévoit une baisse de 17% en 2016.

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a écrit le 22/02/2016 à 18:52 :
Mince, ils ont décidé de nous faire rire... L' "équilibre"... t'as déjà vu ça dans le système..?? Been non, ça GAGNE de l'argent justement GRACE aux déséquilibres. Faut être logique. La spéculance, c'est la variation, son moteur. Ha oui. Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'IAE, ces gens ont réussi à faire MIEUX que les probas : dans TOUTES leurs prévisions, depuis 20 ans, ils ont REUSSI à se tromper plus D'UNE fois sur deux. Regardez, vous verrez. Et ça AUSSI, c'est logique. Regardez à quel point les appros de pétrole sont complètement non-fiables. Là, par contre, une chose est sûre : la demande va forcément baisser, vu la récession générale. Pardon : 6 t'es Mike.
a écrit le 22/02/2016 à 18:10 :
La seule chose assurée avec le cours du pétrole c'est qu'il est imprévisible et l'AIE ne s'est pas révélée plus efficace que les autres dans ce domaine.

Les prévisions du type "ça va monter sauf si ça baisse et inversement" ne valent rien. Personne ne sait ce que sera l'état des bourses, la croissance du PIB dans les pays les plus consommateurs, la géopolitique des pays producteurs. Dans 5 ans on pourrait tout aussi bien être dans une troisième guerre mondiale avec les bourses en feu et les français à bouffer des rutabagas, comme on pourrait être revenu dans un monde apaisé en reprise sensible.
Réponse de le 22/02/2016 à 19:30 :
Ceci écrit, lehman était toujours très bien notée ... juste avant sa faillite... :-))
a écrit le 22/02/2016 à 17:28 :
Les couts moyens d’exploitation ne représentent guère plus de 25 dollars/ baril (5 à 10 pour le pétrole saoudien, 20 dollars le Brent norvégien, 50 dollars le pétrole de schiste), mais ce ne sont que des couts « estimés ».Aucun organisme de presse même spécialisée ne connait réellement le cout d’extraction, car le pétrole est une arme économique majeure dont les pays bénéficiaires et les compagnies se réservent les infos comme arme spéculative. Et l’histoire des 40 dernières années nous en a donné les preuves. Le monde était même pris de vertige à l’idée qu’il manquerait peut-être de pétrole dans une décennie ou deux. Et alors qu’aucune pénurie n’était enregistrée nulle part dans le monde, les prix ont grimpé à des niveaux record, dépassant les 120 dollars le baril.
Autre évidence : le pétrole et le gaz de schiste ne sont pas si chers qu’on le dit. Sinon, avec le niveau de prix actuel, la production américaine de pétrole devrait s’écrouler dans les tous prochains mois, à mesure que les puits existants s’épuisent. Et comme leur durée de vie est réputée courte, deux à trois ans, on devrait déjà voir la menace. Pourtant, c’est l’inverse qui se produit : pour la première fois depuis bientôt un demi-siècle, les Etats-Unis vont exporter du pétrole.
On peut en déduire que le prix moyen d’achat, hors système spéculatif ne devrait pas aller au-delà de 45/50 dollars baril. Et qu’à ce niveau les compagnies et les états sont encore largement bénéficiaires.
SI les prix remontent plus haut, ce sera une fois de plus par la grâce des spéculateurs tout particulièrement ceux du marché de l’ICE à Londres.
Réponse de le 22/02/2016 à 19:14 :
"production américaine de pétrole devrait s’écrouler" Certes, mais c'est déjà en cours : 379 compagnies d'exploitation du schiste sont en faillite. Faut regarder plus loin que le jt national... Au fait, pour la fixation des prix du pétrole, le coût du TRANSPORT est aussi pris en compte... Là, pour qu'ils exportent, le baril de brent devrait se balader vers les 75-80 dolhars (coût extraction 60 usd). Notes, si les us réussissent à continuer la fixation en dolhars, ils pourraient réussir. Pas gagné, sinon.
a écrit le 22/02/2016 à 16:55 :
Attention à l'orthographe des unités. mbj ne signifie rien du tout. Il doit s'agir de Mb/j.
a écrit le 22/02/2016 à 16:43 :
ca n'interesse personne d'investir pour produire a 60 dollars et le revendre a 30
maintenant effectivement quand ca va repartir dans l'autre sens, le sous investissement se fera sentir mais ca c'est un autre pb
( en clair ' les prix remonteront suffisamment brutalement pour avoir un time to return le plus court possible, histire de ne plus se faire pieger...)

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