Sûreté nucléaire : Jean-Christophe Niel, le patron de l'IRSN, sur le fil du rasoir
Juliette Raynal
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Jean-Christophe Niel dirige l'IRSN depuis 2016. Son mandat a été renouvelé en 2021. Il devrait donc, en théorie, rester aux manettes de l'institut pendant encore trois ans, mais son avenir est très incertain.
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Sûreté nucléaire : Jean-Christophe Niel, le patron de l'IRSN, sur le fil du rasoir
Jean-Christophe Niel, le patron de l'Institut de radioprotection de sûreté nucléaire, se trouve dans une situation particulièrement difficile et inconfortable depuis que le gouvernement a annoncé sa volonté de fusionner cet institut de recherche et d'expertise avec l'ASN, le gendarme du nucléaire. Fin connaisseur du monde de la sûreté nucléaire et apprécié des salariés pour ses qualités humaines, il ne peut monter au créneau pour les défendre, au risque de perdre sa place. Une fenêtre de répit, après le...
Mardi matin, Jean-Christophe Niel, le directeur général de l'Institut de radioprotection de sûreté nucléaire (IRSN) a réuni les salariés du site de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Dans les prochains jours, il se rendra également à Cadarache (Bouches-du-Rhône), ainsi qu'au Vésinet (Yvelines), puis retournera à Fontenay-aux-Roses pour s'adresser à une autre partie des salariés.
Cette tournée dans les différentes implantations de l'institut n'est pas anodine. Il s'agit de son premier grand temps fort de communication en interne depuis qu'un vent de panique a soufflé sur l'institut, lorsque, le 8 février dernier, le gouvernement a annoncé vouloir le dissoudre au sein de l'Agence de sûreté nucléaire (ASN).
Ce projet de fusion entre le gendarme nucléaire et son bras technique est très contesté. Pour le personnel mais aussi de nombreux spécialistes, il est synonyme de perte d'indépendance, de transparence et de compétences à la veille d'une relance majeure de l'atome civil en France.
Depuis le 8 février, Jean-Christophe Niel s'était exprimé à deux reprises auprès des salariés, mais seulement à travers un email puis un message vidéo dans lesquels il exprime entre les lignes son soutien aux équipes et sa volonté de préserver les missions de l'IRSN. « Dans cette vidéo, on comprend qu'il nous dit : je me bats du mieux de ce que je peux faire », rapporte Léa Marion, chargée de l'évaluation des risques radiologiques et nucléaires à l'IRSN. Le dirigeant avait aussi partagé ses craintes quant à la fuite de compétences que pourrait provoquer la fusion entre l'institut et le gendarme du nucléaire, lors de son audition devant les parlementaires. Mais, jusqu'à mardi, il n'y avait pas eu de prise de parole en direct.
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Et pour cause, Jean-Christophe Niel se trouve dans une situation extrêmement délicate et inconfortable depuis le début de cette crise. D'abord, il semble qu'il n'ait pas été impliqué dans ce projet de fusion, décidé le 3 février dernier, lors du Conseil de politique nucléaire, réuni par Emmanuel Macron, et auquel l'IRSN n'était pas convié. « Je suis convaincu par sa parole. Il a découvert les faits le samedi 3 au soir », assure Philippe Bourachot, délégué CGT à l'IRSN.