Droits de douane sur l’acier : réunion inédite des ministres européens à Paris
latribune.fr
Le secteur, qui emploie plus de 300 000 personnes, s’inquiète d’une hausse des droits de douane sur l’acier décrétée par le gouvernement Trump aux États-Unis.
Les ministres de l’Industrie vont se réunir pour évoquer les solutions face aux droits de douane que Trump souhaite imposer sur l’acier, alors que le secteur est déjà à la peine en Europe.
La sidérurgie européenne est en alerte. Le secteur, qui emploie plus de 300 000 personnes, s'inquiète d'une hausse des droits de douane sur l'acier décrétée par l'administration Trump aux États-Unis. Dans ce contexte, les ministres européens de l'Industrie doivent se rencontrer jeudi à Paris pour discuter des mesures à prendre afin d'« assurer le maintien » d'une production d'acier en Europe, a-t-on appris auprès du ministère français de l'Industrie lundi soir.
La réunion, à l'initiative du ministre français de l'Industrie Marc Ferracci et de l'Italien Adolfo Urso, ministre des Entreprises et du Made in Italy, se tiendra « en présence de la présidence polonaise du Conseil de l'Union européenne », a indiqué Bercy.
Une quinzaine de pays sidérurgistes dont la Pologne, l'Italie, l'Espagne, le Luxembourg, la Slovaquie, la Grèce, la Finlande, l'Autriche, la Hongrie, la Suède, les Pays-Bas, la Roumanie, la Belgique et la Slovénie sont conviés. La liste des participants n'est pas encore complètement fixée, a indiqué Bercy.
Les participants souhaitent « partager » les constats et les solutions avec les autres acteurs de l'industrie de l'acier, « aussi bien entreprises que syndicats », et devraient, à l'issue de leur réunion, signer une déclaration commune sur l'acier avec des propositions concrètes, a précisé Bercy.
Fièvre des taxes
Washington doit imposer de nouveaux droits de douane de 25 % sur les importations d'acier et d'aluminium, pour tous ses partenaires commerciaux. Les décrets signés par Donald Trump doivent entrer en vigueur le 12 mars. Le Canada est le premier fournisseur d'acier des États-Unis, suivi par le Brésil.
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Mais le président américain a la fièvre des tarifs douaniers depuis son arrivée à la Maison-Blanche, motivée par sa volonté de rétablir l'«équité » dans les relations commerciales entre les États-Unis et le reste du monde. Mi-février, il a également promis des droits de douane «réciproques».
L'exécutif européen a déjà souligné que les taxes américaines ne « sont pas justifiées », qu'elles seraient « illégales » et contre-productives sur le plan économique.
L'industrie de la sidérurgie à la peine
Le secteur de la sidérurgie souffre déjà depuis l'an dernier d'une surproduction chinoise d'acier à bas coût et de prix de l'énergie trop élevés dans l'UE. Ainsi, avant même l'annonce par Donald Trump de l'imposition de nouveaux droits de douane, la suppression de milliers d'emplois avait été annoncée fin 2024 par le géant allemand de l'acier ThyssenKrupp. Des fermetures de sites en France sont également programmées chez le numéro deux mondial ArcelorMittal, qui a en outre suspendu un projet d'investissement de 1,8 milliard d'euros dans la décarbonation de l'acier à Dunkerque (nord de la France), qui abrite l'un des plus grands hauts fourneaux d'Europe.
Les industriels de l'acier ont demandé dès la fin 2024 un plan d'action pour la sidérurgie européenne. Faute de quoi, les fermetures de sites vont « continuer si on ne trouve pas des mesures rapides », selon Eurofer, l'organisme qui regroupe les principaux producteurs d'acier en Europe.