Lâchées par le gouvernement, les grandes surfaces veulent sauver leur peau face au e-commerce
César Armand
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Lors du dernier Salon de l'immobilier commercial (SIEC) en octobre 2021, le Centre national des centres commerciaux a dévoilé une étude réalisée avec EY sur l'impact environnemental et sociétale de la vente de produits non-alimentaires en comparant le...
DOSSIER E-COMMERCE. Pour concurrencer le e-commerce, les professionnels des grandes surfaces n'ont pas d'autre choix que de parier sur le « retailtainment », contraction de retail - commerce - et d'entertainment - divertissement - et de jouer sur le commerce physique et numérique. Sans attendre les arbitrages de l'exécutif liés aux « Assises du commerce », ils lancent la bataille sur le terrain environnemental. Et ce d'autant plus qu'ils semblent dans le viseur du gouvernement depuis déjà près de quatre ans.
C'est un rapport très politique transmis au ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance le 10 janvier. Une synthèse des propositions des décideurs économiques et des élus de la République qui ont participé en décembre dernier aux « Assises du commerce ». Une communication publique est prévue début février, et il semblerait, selon nos informations, que le document soit remonté de Bercy jusqu'au palais de l'Elysée.
Au cœur du débat : la transformation « inévitable » du commerce et le changement « nécessaire » de compétences liées au numérique, la concurrence entre le commerce de proximité, le commerce de périphérie et le commerce en ligne, la reconquête territoriale, l'équité de traitement et les conséquences sur l'emploi.
Une différence de traitement dans la loi « Climat et résilience »
Ces arbitrages sont très attendus depuis la promulgation en août 2021 du projet de loi « Climat et résilience ». D'un côté, son article 52 interdit la création de toute nouvelle surface commerciale supérieure à 10.000 mètres carrés, sauf si cette dernière obtient une autorisation d'exploitation commerciale délivrée par la commission départementale d'aménagement commerciale.
De l'autre, un amendement sénatorial - refusé - visant à inclure dans cette réglementation les entrepôts de e-commerce de plus de 5.000 m². Autrement dit, au nom de la lutte contre l'artificialisation des sols (ZAN), les centres commerciaux sont condamnés à se reconstruire sur eux-mêmes alors que les lieux de stockage pourront encore prospérer sur des terres vierges.
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Une différence de traitement qui ne manque pas de faire réagir la filière, à commencer par la Confédération des commerçants (27 fédérations, 450.000 entreprises, 1 million de salariés).
« Si on laisse proliférer les installations du e-commerce, ça crée une addiction. A Épagny (Haute-Savoie), 500 camions circulent chaque jour. Est-ce de l'écologie ? Je ne dis pas qu'il faut les interdire, mais il faut réguler »,s'agace son président Francis Palombi, qui prépare un recours avec le Centre national des centres commerciaux (CNCC).« Si on les interdit, ils s'installeront à nos frontières et développeront des transports encore plus nuisibles »,rétorque Anne Blanc, députée (LREM) de l'Aveyron et présidente de la commission nationale de l'aménagement commercial (CNAC).