Le tourisme, l'autre grand gagnant des Jeux olympiques
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Les professionnels du tourisme attendent maintenant les retombées de toutes ces images de Paris diffusées dans le monde entier pendant les Jeux olympiques.
© LTD / ANN WANG VIA AFP
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Les professionnels du tourisme attendent maintenant les retombées de toutes ces images de Paris diffusées dans le monde entier pendant les Jeux olympiques.
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[Article publié le lundi 12 août 2024 à 07H43 et mis à jour le mardi 13 août à 12H41] L'excellent bilan sportif de l'équipe de France - cinquième au classement des médailles des Jeux olympiques et première nation européenne -, conjugué à une organisation sans accroc, ont offert aux professionnels du tourisme franciliens une campagne de publicité hors normes.
Selon un premier bilan de l'Office du tourisme ce lundi, 11,2 millions de visiteurs ont pris part, avec ou sans billet, aux activités liées aux JO en région parisienne entre le 23 juillet et le 11 août. C'est autant que le nombre de visiteurs sur la même période en 2023 et conforme aux 11,3 millions de visiteurs attendus par l'organisme. Avec les 4 millions de visiteurs prévus aux Jeux paralympiques (dont 90% de Français), l'événement devrait donc attirer 15 millions de visiteurs. Selon Paris 2024, plus de 9,5 millions de billets ont été vendus et 6 millions de visiteurs ont fréquenté les sites de célébrations.
Les Jeux Olympiques de Paris ont montré « le vrai visage de la France », a salué Emmanuel Macron ce lundi devant plusieurs centaines de professionnels mobilisés durant cet événement qui a été « un succès de sécurité, d'organisation, un succès sportif et populaire ». « Nous qui avons vécu pendant plus de deux semaines dans un pays où on a eu le sentiment que l'air était plus léger (...) On n'a pas envie que la vie reprenne ses droits », a ajouté le chef de l'Etat dans les jardins de l'Elysée.
« On compte beaucoup sur cette magnifique image pour avoir encore des effets de levier sur la fréquentation touristique d'ici la fin de l'année et sur les deux ou trois ans qui viennent », souligne Corinne Menegaux. 85% des visiteurs étaient français, dont 45% de Franciliens, et 15% étrangers, au premier rang desquels les Américains, les Allemands et les Britanniques, tous plus nombreux qu'à la même période de 2023, selon ces données.
Pour les hôteliers, après un début juillet plus que morose, les taux d'occupation, grâce aux étrangers, ont finalement atteint 84% dans Paris intra-muros, soit 10 points de plus qu'aux mêmes dates en 2023 (23 juillet/6 août). Cette hausse profite particulièrement aux établissements haut-de-gamme, avec un taux d'occupation de 85,5% (+16,5 points).
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Cela se traduit par un gain de 357 millions d'euros pour l'hôtellerie française, selon les calculs du cabinet MKG, qui estime que cette hausse de chiffre d'affaires permet de compenser les semaines maussades précédant l'événement. À Paris, « l'euphorie des JO a bien eu lieu, avec des taux d'occupation en hausse, et des prix multipliés par plus de 2 (+118%) », détaille MKG. Une manne qui a profité aussi, pour qui les Jeux sont « le plus grand événement de l'histoire d'Airbnb » avec « plus de 400.000 voyageurs » séjournant en région parisienne.
AirDNA, cabinet qui analyse les données de plusieurs plateformes (Airbnb, Abritel...), confirme : le taux d'occupation des locations touristiques à Paris a atteint 62% pendant ces Jeux, plus qu'en 2023 malgré la flambée du nombre d'annonces, avec beaucoup de réservations de dernière minute.
« Si l'hébergement a pu compenser une fréquentation moindre depuis juin par des hausses de prix, ce n'est pas le cas de la restauration, qui a donc été plutôt pénalisée » par les Jeux, souligne MKG. « Le comportement des visiteurs sur ces 15 jours n'est absolument pas le même qu'un comportement touristique normal. Les activités comme les visites de musées ou la restauration ne se comportent pas de la même façon », explique Corinne Menegaux.
Les visiteurs, qui ont privilégié la restauration sur site, étaient également plus enclins à prendre des repas sur le pouce et dépenser moins. Mais pour la patronne de l'Office du tourisme de Paris, cela devrait être compensé par l'activité des prochaines semaines : « On a des arrivées à partir de demain », assure-t-elle, « des gens motivés par l'ambiance des Jeux et qui ont vu que finalement tout se passait bien ».
Côté musées, le constat n'est pas non plus positif sur la période des JO. Le musée du Louvre a, par exemple, annoncé lundi avoir enregistré une fréquentation stable (-1%) du 1er au 14 juillet par rapport à 2023 (351.634 visiteurs), mais en nette baisse (-45%) entre le 15 et le 26 juillet, avec deux jours de fermeture et l'annulation d'une nocturne, a détaillé le plus grand musée du monde. Attendue, cette baisse peut s'expliquer par l'intégration de l'établissement dans le périmètre de sécurité mis en place par les autorités pendant les neuf jours qui ont précédé la cérémonie d'ouverture, avec une restriction des accès aux quais de Seine et la fermeture de certaines stations de métro, ainsi que des ponts.
Du 27 juillet - lendemain de la cérémonie d'ouverture - au 11 août - fin de la compétition -, la fréquentation a repris avec 331.759 visiteurs, soit 23.644 visiteurs quotidiens, mais elle est restée de 22% inférieure à celle enregistrée sur la même période de 2023. Comme pour Londres, qui avait accueilli les JO d'été en 2012, le public venu dans la capitale semble avoir assisté en priorité aux épreuves sportives, délaissant les musées et activités culturelles, avec un report à l'automne suivant pour la capitale britannique.
Au musée d'Orsay, temple de l'impressionnisme, la fréquentation était également en baisse - de 29% par rapport à la même période de 2023 - pendant les Jeux et de 31% à l'Orangerie son petit frère qui abrite les célèbres Nymphéas de Claude Monet, à proximité de la place de la Concorde et lieu des épreuves de BMX, breaking et basket (3x3).
Même constat du côté du château de Versailles, l'un des sites touristiques les plus visités de France et hôte des épreuves d'équitation des JO, qui a annoncé mardi avoir « accueilli 212.350 visiteurs (château, Trianon, galeries des Sculptures et des Moulages, Jeu de Paume), soit 25% de visiteurs en moins (durant la quinzaine olympique, ndlr), comparé à la même période de 2023 », selon des chiffres communiqués à l'AFP. Basés sur la période du 29 juillet au 11 août, ils « excluent les jardins et leurs spectacles ». Sur l'ensemble du mois de juillet, ce sont 839.700 visiteurs qui ont par ailleurs été enregistrés, en « baisse d'environ 20% par rapport au mois de juillet de 2023 ».
Cette baisse de la fréquentation a « cependant été contrebalancée par les visites de spectateurs sportifs qui ont été nombreux à profiter de leur venue pour découvrir les châteaux et domaines de Versailles et de Trianon », a nuancé le château, se disant « confiant » pour l'avenir et les répercussions « positives » des épreuves olympiques sur sa « fréquentation dans les années futures ».
En revanche, habituellement moins plébiscitée par les touristes, la Monnaie de Paris qui frappe et expose les médailles olympiques, a indiqué avoir bénéficié d'un « effet JO », avec une « hausse moyenne de fréquentation de 62% » au cours des deux semaines de compétition comparée aux deux semaines précédentes.
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Châteauroux, qui a offert aux épreuves olympiques de tir un écrin loin de l'effervescence parisienne, se réjouit d'une « parenthèse enchantée », qu'elle espère prolonger durablement. Citée lors de la cérémonie d'ouverture devant près d'un milliard de téléspectateurs, la préfecture de l'Indre, 43.000 habitants, a bénéficié d'une exposition bien inhabituelle aux yeux du monde. Derrière les sportifs, les touristes, aussi, ont été au rendez-vous : une hausse de 60% de la fréquentation et un doublement du nombre d'étrangers ont été observés à l'office du tourisme, par rapport à juillet 2023.
« On n'espérait pas que ça se passerait aussi bien, c'était une vraie parenthèse enchantée », s'enthousiasme sa directrice, Alison Rousseau. « Maintenant, on sait situer Châteauroux sur une carte ! Beaucoup d'étrangers ont dit qu'ils reviendraient et tous les hôtels ont été presque complets ». Seule ville hors de l'Ile-de-France à accueillir des épreuves paralympiques à partir du 28 août, Châteauroux organisera également une « quinzaine d'épreuves nationales et internationales de tir en 2025 ».
(Avec AFP)
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