Digitaliser l'ensemble des activités de loisirs de proximité disponibles sur le territoire français, c'est le défi que s'est fixé Alentour, plateforme française issue d'une joint-venture publique-privée, qui a été lancée officiellement jeudi 30 septembre. Objectif: centraliser sur une plateforme numérique l'ensemble des activités disponibles à proximité du lieu de séjour de clients hébergés en hôtel, gîte ou camping. Un projet ambitieux qui vise à dynamiser le tourisme tricolore et concurrencer les plateformes étrangères rivales, comme Airbnb ou Booking.com. Aujourd'hui, la Banque des...... res est l'actionnaire majoritaire d'Alentour (à 76% au moment de la joint-venture) et dispose d'une enveloppe de 50 millions d'euros pour déployer ce projet. Alentour s'appuie également sur deux sociétés privées: le poids lourd des réservations de voyage en ligne Amadeus, qui détient environ 20% de son capital, ainsi que Dawex, spécialiste dans la sécurisation des données. Explications.
Après trois confinements et un an et demi de fermetures des frontières liées à la crise Covid, le secteur du tourisme est un de ceux qui ont le plus pâti des restrictions. Si les acteurs français n'ont pas été épargnés, ils ont en revanche pu compter sur une clientèle nationale particulièrement au rendez-vous pour la saison estivale, leur permettant de compenser le recul des touristes étrangers. « Les Français ont été nombreux à choisir la France cet été, c'est une vraie force et il faut soutenir cela », avait affirmé Emmanuel Macron lors de la rentrée de septembre.
Digitaliser le tourisme de loisirs en France
C'est dans cette même logique de renforcer une « dynamique tricolore » qu'a été pensé Alentour. Le gouvernement, qui est derrière ce projet, avait en tête un objectif : créer la première plateforme de tourisme française sur un marché qui fait aujourd'hui la part belle aux plateformes américaines comme AirBnb ou Booking.com.
« Au plus fort de la crise, nous avons estimé qu'il fallait mettre le paquet sur la transition numérique, et nous nous sommes dits qu'il y avait vraiment de la place pour un acteur français », a ainsi expliqué hier matin le Secrétaire d'Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne lors d'une conférence de presse qui a signé le lancement officiel d'Alentour.
Ce qui fait la singularité d'Alentour, c'est son positionnement sur le segment spécifique du tourisme de loisirs, pour l'heure très peu digitalisé en France. « Aujourd'hui, on estime que ce sont seulement 5% des réservations pour les activités de loisirs qui sont effectuées en ligne », explique ainsi le président d'Alentour Timothée de Roux. A l'inverse, le chiffre d'affaires provenant de la réservation digitale est beaucoup plus élevé concernant les hébergements (50%), ou encore les transports (71%). « C'est précisément parce que ce segment est faiblement digitalisé que nous avons trouvé intéressant d'axer notre plateforme sur les activités de loisirs », étaye Timothée de Roux.
Juliette Laffont et Maxime Hanssen