Aéroports : les difficultés des entreprises de sûreté menacent la reprise du trafic aérien
Fabrice Gliszczynski
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Photo d'illustration
© Pascal Rossignol / Reuters
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Et si la reprise du transport aérien était freinée, non pas par la crainte des passagers d'attraper le Covid-19 ou l'impossibilité financière des clients de voyager, mais par l'incapacité des sociétés de sûreté d'assurer les contrôles dans les aéroports ? Le scénario paraît improbable. Il est pourtant redouté par certaines compagnies aériennes et les aéroports. La menace est en effet bien réelle. Car ces sociétés privées, qui assurent par délégation de service public ces missions régaliennes, sont à genoux avec la crise sans précédent qui frappe le transport aérien. L'arrêt quasi-complet du trafic aérien depuis deux mois a fait voler en éclats le modèle de financement de la sûreté aérienne en France. Celui-ci est en effet basé sur une taxe sur les passagers prélevée par les transporteurs qui la reversent à l'État. Ce dernier la reverse ensuite aux aéroports qui ont la charge par délégation de service public des missions de sûreté mais les sous-traitent à des agences de sûreté.
Or, sans passagers, pas de recettes. Pas même celles générées par les 10% d'activité maintenus. Car, pour préserver leur trésorerie, un grand nombre de compagnies aériennes ont arrêté de reverser le produit de la taxe à l'État, selon Jean-Baptiste Thélot, le président du SESA, le syndicat des entreprises de sûreté aérienne et des aéroports. Résultat, l'État ne reverse rien aux aéroports qui eux-mêmes ne payent pas les entreprises de sûreté.
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Problème, un certain nombre de coûts sont néanmoins restés à la charge des entreprises : les salaires des 10% du personnel utilisés pour assurer l'activité et, pour les 90% autres placés en chômage partiel, un reste à charge important malgré la prise en charge par l'État du chômage partiel.
Fabrice Gliszczynski