Avec la réduction de voilure de 40% d'Air France sur le réseau intérieur qui se profile d'ici à fin 2021, l'absence de mesures d'amélioration de la compétitivité des aéroports qui risquent de faire passer ces derniers derrière leurs voisins italiens ou espagnols dans le choix de réouverture de lignes, mais aussi le mouvement de consolidation attendu dans le transport aérien, la connectivité aérienne des aéroports français est fortement menacée. A Bordeaux et à Pau, des élus commencent à tirer la sonnette d'alarme. Et ce n'est qu'un début. Analyse.Article mis à jour à 16h15
Danger pour les régions françaises. Tous les ingrédients d'un cocktail explosif sont réunis pour réduire en poussière l'un des éléments déterminants de la structuration des territoires de l'Hexagone depuis des années, à savoir : l'accessibilité aérienne. Avec la baisse de voilure drastique que prépare Air France sur le réseau intérieur, le décalage croissant de compétitivité des aéroports français par rapport à leurs voisins italiens ou espagnols et la consolidation attendue du transport aérien européen au cours des prochains mois, la connectivité aérienne des aéroports régionaux est en effet menacée.
Dit autrement, les mutations structurelles de l'offre aérienne qui se dessine avec la crise économique post-Covid vont réduire drastiquement le nombre de liaisons aériennes au départ des aéroports régionaux. Avec, en toile de fond, des conséquences terribles sur l'attractivité économique des territoires qui en dépendent. L'enjeu n'est pas de savoir s'il sera toujours possible d'aller passer un week-end à Venise, mais de savoir si le lien avec la capitale, les autres régions françaises et les villes européennes sera maintenu pour les entreprises locales et les hommes politiques.
A Bordeaux et à Pau, les élus montent au créneau
Quelques élus locaux ont commencé à tirer la sonnette d'alarme. A Bordeaux, ils sont ainsi nombreux à s'inquiéter de l'arrêt annoncé de la Navette d'Air France, un service de vols quotidiens cadencés vers Paris-Orly, lequel, malgré la concurrence du TGV en 2 heures de trajet, résiste. L'an dernier, plus de 500.000 passagers par an avaient emprunté les 10 vols quotidiens de La Navette sur cette ligne. Essentiellement des voyageurs d'affaires travaillant notamment dans la filière aéronautique-défense-spatial, fortement implantée près de l'aéroport de Bordeaux.
A Pau, François Bayrou est lui aussi monté au créneau en dénonçant le programme de reprise d'Air France entre Paris et Pau. Avec deux vols par semaine vers l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, il estime que cette offre raye Pau de la carte de France. S'il fait montre d'empressement à l'égard d'un programme qui ne fait que traduire la faiblesse de la demande après trois mois d'immobilisation forcée, François Bayrou a mis le doigt sur l'impact négatif pour les régions d'une perte de connectivité. Une brèche dans laquelle s'est engouffrée l
a compagnie ASL Airlines (ex Europe Airpost) qui va ouvrir à partir du 10 juin un vol quotidien aller-retour entre Pau et Roissy (sauf le week-end).