Sûreté aéroportuaire : la question brûlante du financement
Natasa Laporte
Natasa Laporte
Comment assurer la protection des passagers, accompagner la forte croissance du transport aérien, tout en respectant les conditions économiques acceptables pour les opérateurs pour ne pas brider leur compétitivité ? L'équation de ces trois volets fondamentaux de la sûreté du secteur a été au cœur d'une conférence qui s'est déroulée dans le cadre de la quatrième édition de Paris Air Forum, organisé par La Tribune le 16 juin à la Maison de la Chimie à Paris.
Car si le niveau de la sûreté dans le domaine du transport aérien est déjà particulièrement élevé, il n'est pas sans faille face aux menaces terroristes nombreuses et nouvelles. Faut-il encore le renforcer ?
Pour Vincent Capo-Canellas, maire du Bourget et sénateur de Seine-Saint-Denis, auteur d'un rapport contenant 16 recommandations pour « une sûreté de l'aviation civile efficace et efficiente », « il faut aujourd'hui être en perpétuelle interrogation, analyse de l'évolution de la menace et me semble-t-il, il faudrait moins de lourdeurs pour pouvoir s'adapter et le faire en temps réel ». Et de poser la question de la gouvernance, « trop éclatée » entre les différents acteurs et services de l'Etat.
Autre enjeu, comment renforcer la sûreté sans gêner les passagers alors que le trafic aérien ne cesse d'augmenter ? Pour Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP en charge du développement, de l'ingénierie et de la transformation, « il n'est même pas discutable le fait que nous devons investir dans la technologie, dans l'innovation, pour pouvoir accompagner la croissance du trafic tout en accompagnant la croissance des exigences de sureté et la légitime attente de nos passagers à avoir un parcours fluide, agréable et rapide ». Parmi plusieurs technologies déployées, celle qui concerne le passage de la frontière :
Mais dans ces problématiques vient surtout s'imbriquer l'épineuse question du coût de la sûreté aéroportuaire, financée actuellement par la taxe d'aéroport payée par les passagers et in fine absorbée par les compagnies aériennes dans le prix du billet. La facture annuelle en France ? Près de 800 millions d'euros. Sans parler de la perspective d'investissement pour financer l'obligation européenne d'installer d'ici à 2020 des détecteurs d'explosifs de standard 3, d'un coût également de 800 millions d'euros.
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« Aujourd'hui, il faut partager les coûts dans un système qui est ancien », résume pour sa part Vincent Capo-Canellas.
Natasa Laporte
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