L'UE appelle à éviter l'espace aérien russe en raison d'un « risque élevé »

L'AESA a émis des recommandations quant au survol de la Russie suite au crash du vol d'Azerbaijan Airlines.
Reuters

L'AESA a émis des recommandations quant au survol de la Russie suite au crash du vol d'Azerbaijan Airlines.
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Voler dans l'espace aérien de la Fédération de Russie « présente le risque que des aéronefs civils soient involontairement pris pour cible », du moins dans l'ouest du pays. C'est en substance l'avertissement formulé ce vendredi 1à janier par l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA). Réagissant au drame qui a touché le vol 8243 d'Azerbaijan Airlines le 25 décembre dernier, vraisemblablement pris pour cible par erreur par la défense anti-aérienne russe, l'instance a émis un bulletin de sécurité pour déconseiller aux avions commerciaux - toutes compagnies confondues - d'opérer dans l'espace aérien russe situé à l'ouest du 60° méridien Est, et ce à tous les niveaux de vol.
Cela comprend donc les zones de Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg, Rostov-sur-le-Don et Samara. Si les compagnies européennes n'ont de toute façon pas l'autorisation de survoler la Russie, cette recommandation s'adresse aux opérateurs de pays tiers qui disposent d'un agrément de sécurité de l'AESA. Elle est valable jusqu'au 31 juillet 2025 et pourra être réexaminée d'ici là, l'Agence et la Commission européenne continuant « à suivre de près la situation ».
Cette décision est bien sûr une conséquence directe de la guerre en Ukraine, dont le ciel est fermé depuis le début du conflit. Dans le détail, ce bulletin d'information sur les zones de conflit (CZIB) estime que le risque pour les avions commerciaux est accru au-dessus de l'ouest de la Russie « en raison d'éventuelles lacunes dans la coordination entre civils et militaires, et d'un risque d'erreur d'identification ».
L'AESA cite « en particulier, l'activation des systèmes de défense aérienne russes, capables d'opérer à toutes les altitudes, en réponse aux tirs de missiles et de drones ukrainiens, qui se sont étendus profondément à l'intérieur du territoire russe ». Elle juge ainsi que le contrôle aérien russe n'a pas montré sa capacité à gérer de manière sécurisée ce type de situation. Sans compter que les moyens de navigation par satellite (GPS, Glonass...) et de communication sont largement brouillés (jamming) ou usurpés (spoofing) lors de ses attaques.
De fait, Vladimir Poutine a admis lui-même que la défense anti-aérienne russe était en action - sans pour autant reconnaître une quelconque responsabilité - le jour où l'Embraer E190 de la compagnie azerbaïdjanaise s'est écrasé au Kazakhstan après avoir survolé le sud de la Russie où il était censé se poser. Visiblement touché par des tirs anti-aériens, l'avion a tenté de se poser en catastrophe, faisant 38 morts parmi les 67 personnes à bord.
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Cette recommandation illustre aussi l'exportation de cet affrontement de l'autre côté de la frontière russe à travers des opérations aériennes, notamment des attaques de drones et des tirs de missile. L'AESA estime que le risque dépasse ainsi les abords de l'Ukraine et « peut avoir un impact direct sur les opérations de vol à plusieurs endroits, y compris dans les principaux aéroports internationaux » comme Moscou et Saint-Pétersbourg donc. Le drame du vol d'Azerbaijan Airlines s'est d'ailleurs déroulé entre la Tchétchénie, le Daghestan (républiques caucasiennes faisant partie de la fédération de Russie), la mer Caspienne et le Kazakhstan, soit à 800 km environ du front.