Le soutien public aux entreprises est-il efficace ?

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Une large majorité des PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) jugent les aides publiques utiles, notamment pour soutenir l'innovation, mais pas assez efficaces, en particulier à l'export selon une étude du Cabinet Ernst and Young. Chaque année, 60 milliards d'aides sont versés aux entreprises.

Trop d'aides tue l'aide. C'est ce qui ressort d'une étude du Cabinet Ernst and Young portant sur  les aides publiques aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI).  D'après les auteurs de cette enquête, "si 81% des entreprises interrogées reconnaissent le rôle indiscutable des aides publiques dans leurs projets, elles indiquent cependant attendre avant tout davantage de stabilité fiscale, une plus grande flexibilité du travail et un coût du travail allégé".

Le crédit d'impôt compétitivité boudé

Concrètement,  "seul le soutien à l'innovation est plébiscité" avec 71% de jugements positifs. "Le dispositif tel qu'il existe en France est très satisfaisant, la France apparaît un peu comme un Eldorado, grâce au crédit impôt recherche", commente Arnauld Bertrand, associé responsable du département secteur public d'Ernst and Young.

Toutefois,  "lorsqu'on interroge les chefs d'entreprises, ils nous disent à 72% que ces aides ne ne sont pas suffisamment efficaces parce que peu accessibles, parce que les dispositifs de demande d'aide sont complexes (...) il y a même trop d'aides, il y a des aides qui sont en concurrence les unes avec les autres", a déclaré à l'AFP Arnauld Bertrand. Ainsi, interrogés en novembre dans le cadre du baromètre La Tribune-LCL Ipsos, les dirigeants de PME semblaient assez peu séduits par le nouvel outil à leur disposition :  le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE). D'après cette enquête, plus d'un dirigeant sur deux envisageait de ne pas l'utiliser, probablement en raison des contreparties qui pourraient leur être réclamées.

Selon l'enquête, qui repose sur les statistiques de l'Inspection générale des finances (IGF),  "60 milliards d'euros d'aides publiques sont versés aux entreprises soit l'équivalent du budget annuel de l'éducation nationale et près de deux fois celui de la défense". Et 9% de ces aides sont spécifiquement destinées aux PME qui représentent 52% de l'emploi salarié et 43% de l'investissement des entreprises, même si celles-ci bénéficient d'autres aides dédiées aux entreprises quelle que soit leur taille, précisent les auteurs du rapport.

Un problème pour l'export

L'un des points d'achoppement serait l'exportation. 58% des sondés jugeraient ainsi inefficace l'aide à l'export . "C'est d'autant plus problématique que les entreprises que nous avons interrogées sont très exposées à la concurrence internationale", souligne Arnauld Bertrand.

Afin de pallier les lacunes d'un système apparemment imparfait, les auteurs ont donc "émis des recommandations pour l'avenir" parmi lesquelles "répondre à l'attente des entreprises et avoir une stabilité réglementaire et fiscale sur quatre ou cinq ans pour sécuriser les décisions d'investissement, simplifier les dispositifs de demandes d'aide". Ernst and Young, qui a présenté son étude au gouvernement, prône notamment la création d'un passeport entreprise où une société remplirait une fois pour toutes l'ensemble des données dont elle peut avoir besoin pour demander une aide.
 
Lire aussi: la distribution de crédit aux PME atteint un plus bas historique

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a écrit le 20/02/2013 à 7:13 :
L'equipe de France de l'export c'est la perle de l'administration francaise, un agregat d'administrations nationales et locales remplies d'incapables.
a écrit le 19/02/2013 à 18:11 :
Les aides sont inutiles pour une PME ,TPE ,trop compliqué ,seule les grandes entreprises par leurs avocats fiscalistes savent se servir. Il faut réduire la pression fiscale ,que celle ci soit pérenne ,souplesse dans le contrat de travail et moins d'ADMINISTRATIF!!!
Réponse de le 19/02/2013 à 20:23 :
+1
a écrit le 19/02/2013 à 18:01 :
60 milliards d'aides aux entreprises par an? Sans doute pour arroser les "copains". Pourquoi matraquer fiscalement les entreprises d'un côté et leur verser une aide de l'autre? Ne serait-il pas plus simple de diminuer la fiscalité de 60 milliards et de ne plus verser des aides?

a écrit le 19/02/2013 à 17:52 :
c'est une blague ? il existe un soutien aux entreprises en france ? Ce sont plutot des boulets à trainer, ce qui est difficile malgré les quelques cacahuetes lancées de-ci de-là pour se nourrir !
a écrit le 19/02/2013 à 16:13 :
Le problème c'est que tout est complexe, trop complexe et donc, inefficace. Les aides réparties en millefeuille sont illisibles et inaccessibles pour une très grande majorité d'entreprises. Finalement, seules les groupes, firmes et les grosses entreprises peuvent accéder à ces aides car elles ont la structure adéquate avec des équipe de professionnels adapté.
Alors que les TPE/PME sont les plus actives et réactives, embauchent le plus, elle n'ont pas accès à ces aides. Trop complexe, trop de paperasse, pas assez efficace. Bref, ces aides n'atteignent pas leurs objectifs. Il faudrait faire un bon nettoyage, alléger les procédures, les rendre plus lisibles et accessibles. Il faudrait alléger et réformer un système inefficace et onéreux. Alors que nombre de TPE/PME auraient bien besoin d'accompagnement pour faire face à leurs réalités, pour leur permettre d'avancer ... du bon côté !
Réponse de le 24/05/2015 à 19:44 :
il y a un vrai problème de distribution en Grèce puisque les banques suisses et européennes reçoivent de Grecs un montant bien supérieur aux échéances grecques depuis des mois....
a écrit le 19/02/2013 à 15:34 :
Une autre solution simple (j'en ai deja poser une sur l'histoire de la taxation du secteur internet) : Fin des aides aux entreprises, et baisse equivalente des impots sur ces dernieres.... voila ;)
a écrit le 19/02/2013 à 15:30 :
les entreprises entreprenantes n'ont pas besoin que l'etat leur offre les bequilles apres leur avoir casse les jambes.... pour l'export ca fait sourire, hein?... pas besoin d'aide d'etat pour exporter, le pb est ailleurs ( enfin ' les' problemes')
a écrit le 19/02/2013 à 15:09 :
Ce qu'on sait, c'est que soutien privé au secteur public existe par extorsions et autres taxations...
a écrit le 19/02/2013 à 14:59 :
On subventionne l immobilier d ou hausse des prix, la voiture PSA Renault continue de faire des voitures invendables, prime pour la recherche aucun controle d ou projets bidons,
por ne pas perdre d emploi on subventionne des secteurs qui meurent 10 ans apres les autres d ou retard de reconversion de competitivite et cout final exhorbitant.....Positif? J ai du mal à le croire...
a écrit le 19/02/2013 à 13:51 :
mettez en place une prime à la casse pour petites voitures.. et alors vous rendez PSA banqueroute. Les subventions ont des effets collatérals néfastes.
a écrit le 19/02/2013 à 13:16 :
60 milliards qui pourraient être laissés aux entreprises en diminuant les prélèvements fiscaux et sociaux. Ce serait tellement plus simple et efficace. Licencier toutes ces agences d'état qui donnent des conseils obscurs et ambigus de peur de se tromper au regard de leur hiérarchie administrative. Celui qui est responsable économique est le mieux placé pour prendre son risque.
a écrit le 19/02/2013 à 13:05 :
Je lis "avoir une stabilité réglementaire et fiscale sur quatre ou cinq ans" ! C'est de l'humour ?
Réponse de le 19/02/2013 à 15:11 :
Ce qui est sûr c'est la stabilité de l'incompétence et de l'inutilité pour quatre ou cinq ans...
Réponse de le 19/02/2013 à 21:35 :
Ce qui est sûr c'est la stabilité des voyous au pouvoir, de l'incompétence et de l'inutilité depuis 2002, soit déjà 10 ans auxquels sont en train de s'ajouter quatre ou cinq ans...de plus ...
a écrit le 19/02/2013 à 12:53 :
De quel soutien parle t-il ? A ma connaissance, il n'y a absolument aucun soutien d'aucune sorte aux entreprise en France. En tant que chef d'entreprise, à part les relances de l'URSSAF majorées de 10% de factures que je n'ai mêm pas reçu, je ne vois pas. Quand on met à coté de cela notre taux d'imposition de 33% à comparer à la moyenne de 12% des grands groupes du CAC40 ... Non, vraiment, de quoi parlez vous exactement ?
a écrit le 19/02/2013 à 12:46 :
Tout le système des aides publiques est a mettre à la poubelle, en prenant la précaution d'envoyer les poubelles directement à l'incinérateur. PLUS ENCORE, toutes les structures parapubliques qui prétendent s'occuper des entreprises et de l'innovation sont bonnes à dissoudre PUREMENT et simplement, en prenant soin d'écarter tous ces fonctionnaires clientellistes, carriéristes, flémards et incompétents qui "squattent" ces officines d'un autre age ... Il faut commencer par dissoudre Oseo Innovation ex anvar et toutes ses officines et dépendances toutes plus troubles les unes que les autres ... dissoudre et supprimer toutes ces agences blas blas banquets appéros agences de développement de la misère plutot que de l'économie, faux centres de faux experts auto proclammés mais nus de back ground et de capacité à innover ...
Réponse de le 19/02/2013 à 15:52 :
chambres de commerce,d'artisanat d'agriculture?avez vous déja vu un président de ces organismes qui soit MAIGRE?

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