Une « première étape » qui s'avère « indispensable » pour « définir une stratégie qui ait du sens ». Au Congrès mondial de l'UICN (Union Internationale sur la Conservation de la Nature) à Marseille, où des milliers de participants ont défilé la semaine dernière, les multinationales n'ont eu de cesse de répéter l'importance de mesurer leurs impacts sur la biodiversité, afin de les réduire. Une pluie de déclarations essaimées de conférences en table-rondes, vitrines des engagements et promesses de chacun. Ainsi a-t-on pu entendre la compagnie de croisières Ponant se féliciter de la baisse du bruit de ses moteurs en mer, ou encore le fleuron du luxe LVMH mettre en valeur un partenariat avec l'UNESCO pour « permettre aux humains de vivre en harmonie avec la nature ». Sans oublier la profession de foi du géant Nutella, sponsor de l'événement et bien décidé à « favoriser des pratiques durables pour protéger les ressources naturelles ».
Autant d'indices qui montrent que les acteurs privés ont désormais intérêt à afficher des actions en la matière. Car leur responsabilité est indéniable : par le grignotage des sols, l'émission de gaz à effet de serre ou encore la surexploitation des ressources, ils participent à l'érosion du vivant - à l'heure où pas moins de 28% des espèces animales et végétales répertoriées sont menacées.
Et le constat est d'autant plus alarmant que leur activité même s'en trouve compromise. Selon une nouvelle étude de la Banque de France, 42% de la valeur des titres détenus par les institutions financières françaises provient d'entreprises largement dépendantes de services écosystémiques. Pour cause, sans ces derniers, c'est tout leur business plan qui s'effondre : difficile pour les producteurs de pâte à tartiner d'imaginer se priver d'approvisionnements massifs en huile végétale, dont la production abîme la forêt autant qu'elle en dépend, ou pour l'industrie de la mode de se retrouver à court de coton ou de cachemire.