La mise en place éventuelle de la consigne du plastique renvoyée à 2023

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Après plusieurs mois de bras de fer entre collectivités locales et recycleurs d'un côté,  marques de boissons de l'autre, le compromis proposé par le gouvernement a été voté mardi à l'Assemblée nationale.
Après plusieurs mois de bras de fer entre collectivités locales et recycleurs d'un côté, marques de boissons de l'autre, le "compromis" proposé par le gouvernement a été voté mardi à l'Assemblée nationale. (Crédits : Yves Herman)
Les collectivités locales auront jusqu'à 2023 pour démontrer qu'elles peuvent atteindre les objectifs européens de collecte des bouteilles en plastique sans un tel dispositif de caution associée aux emballages. Sinon, il sera mise en place.

Après un bras de fer avec les collectivités, l'Assemblée a voté mercredi le "compromis" du gouvernement, qui leur laisse jusqu'en 2023 avant la mise en place éventuelle de la consigne des bouteilles en plastique et propose des expérimentations. L'amendement a été voté à 100 voix contre 59, après plus de deux heures de débats, parfois houleux.

Dans son projet initial, l'exécutif espérait généraliser la consigne mais a dû reculer face à l'hostilité des professionnels du recyclage et des associations d'élus. Dans le "compromis" gouvernemental, les collectivités devront prouver qu'elles sont capables d'atteindre les objectifs européens de collecte des bouteilles en plastique, sans en passer par la consigne pour recyclage. Un "point d'étape" sera fait en 2023, pour "décider du déploiement de dispositif de consigne en cas d'écart avec la trajectoire cible", a expliqué la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. En attendant, des expérimentations sont possibles dans "les territoires volontaires", notamment dans les "Outre-mer".

Les collectivités opposées

Le sujet a pris "une importance disproportionnée ces dernières semaines, alors que le projet de loi (antigaspillage) ne se résume pas à la consigne", a insisté Elisabeth Borne, venue soutenir la secrétaire d'Etat Brune Poirson en charge du texte. Dans l'hémicycle, les députés de droite comme Valérie Beauvais (LR) ont affirmé que "les collectivités se sentaient flouées", face à une consigne semblant "inéluctable". La socialiste Christine Pires Beaune a reproché à la majorité de ne pas respecter l'engagement d'Emmanuel Macron selon lequel "rien ne serait fait sans l'accord" des maires.

Le principe de la consigne, qui existe dans plusieurs pays européens, consiste à payer sa bouteille un peu plus cher et à récupérer une dizaine ou une quinzaine de centimes d'euros en la rapportant dans une machine dédiée. Le gouvernement voulait l'instaurer pour atteindre les objectifs européens de collecte de 77% des bouteilles plastique en 2025 et 90% en 2029, alors que la France plafonne à moins de 60%. Mais les recycleurs et des associations de collectivités y sont très hostiles, craignant de perdre des ressources et le Sénat l'a rejetée en septembre, en limitant le dispositif au réemploi, principalement pour le verre.

Lutte entre lobbies

La secrétaire d'Etat Brune Poirson a fustigé de son côté les "manipulations" des "lobbies" des déchets, un système "profondément opaque", alors "qu'a minima, 200 millions de bouteilles en plastique finissent dans la nature" chaque année.

"La consigne est soutenue par des groupes comme Coca-Cola et Danone, on peut aussi vous renvoyer la balle", lui a rétorqué le chef de file des députés LR Damien Abad.

D'après le gouvernement, ces industriels ne "soutenaient pas du tout la consigne au début" mais ont "changé d'avis", face aux contraintes imposées par l'Union Européenne et aux attentes du consommateur en matière de respect de l'environnement.

Pour la députée LREM et ex-EELV Barbara Pompili, l'amendement est "mou parce qu'il n'impose rien. Votons-le et passons à autre chose". Elle redoute que les grands groupes développent entre temps leurs propres consignes avec "des bons d'achat" en grandes surfaces pour "fidéliser les gens".

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a écrit le 19/12/2019 à 17:30 :
"consiste à payer sa bouteille un peu plus cher et à récupérer une dizaine ou une quinzaine de centimes d'euros en la rapportant dans une machine dédiée."
espérons que les 10-15 centimes soient ce qui est payé en plus à l'achat (symétrie). Ça fonctionne pas mal ce système, chez Lecl* (mais pas chez Carref* ni GéantCasi* du coin) y a une grosse machine qui donne 1 centime par bouteille plastique (n'importe laquelle, 1/2L, 1L ou plus, certains l'ont bloquée une fois en mettant une bouteille d'huile, d'autre en verre (savent pas lire)), sur la carte client (dite fidélité), certains viennent avec de grands sacs ou un plein coffre, d'autres les récupèrent dans les conteneurs emballages (le notre, collectif, est ouvert, la serrure s'est peut-être cassée, sinon j'ai une clé (quand trop gros pour la trappe) mais ce qui est y déposé appartient alors au gestionnaire/ville).
Supprimons les tickets de caisse, les gens ne sauront pas qu'il paient une consigne (qui devra être mentionnée) et ça rendra le retour moins efficace (il faut savoir ce qu'on veut).
Niveau verre on est à quel taux de recyclage ? Suis sûr qu'on n'en trouve pas flottant dans les océans (sauf jeté de bateaux), ça vole mal aux vents.
1 euro de plus pour 6 canettes, ça sera visible ? A constater le moment venu.
Si, quand consigné, ça n'augmente pas le taux de recyclage c'est que la méthode n'est pas bonne. Pourquoi voit-on "Tack"(merci) en Suède près des conteneurs de récupération (återvinning) ? Merci, ça peut encourager certains (? esprit gaulois : "j'ai payé, je jette si j'ai envie").
J'ai qu'une hâte, rapporter tous les (sur)emballages en plastique au magasin qui les a vendus (pour pas que ça ne se perde :-) = efficacité).
a écrit le 19/12/2019 à 17:15 :
sachant que ca existe deja en Allemagne ( 'Pfand'), peut etre que les francais devraient demander a leurs voisins quels sont les resultats, les couts, les contraintes et que sais je encore........
ca eviterait les comites theodules qui ne visent qu'a placer les copains coquins, et qui sont en general d'une incompetence notoire pour pondre un rapport qu'on leur a mis entre les mains avant la mise en place de la commission

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