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Pollution plastique : sommet ministériel lancé pour donner un élan aux négociations

latribune.fr

Publié le 27 mai 2023 à 10:14 - Mis à jour le 27 mai 2023 à 15:38

Déchets plastiques

Ces discussions « pourront constituer une étape cruciale, avec la préparation d'une première version du texte final du traité », espère Christophe Béchu (Photo d'illustration).

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Organisé par la France à l'Unesco, un événement destiné à lancer les négociations sur le traité contre la pollution plastique se tient ce samedi 27 mai. Les discussions doivent être initiées à partir de la semaine prochaine. La ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Transition écologique vont recevoir une quarantaine de représentants d'Etats du monde entier.

[Article publié le samedi 27 mai 2023 à 12h14 et mis à jour à 17h38] Comment réduire les déchets plastiques, et ainsi limiter les effets délétères de cette pollution sur l'environnement ? Un « événement de haut niveau » pour mettre fin à la pollution plastique est organisé ce samedi par la France à l'Unesco, un sommet organisé par la France pour donner de l'élan aux délicates négociations sur un futur traité mondial. Les ministres ou représentants d'une soixantaine de pays débattent des solutions à la crise mondiale du plastique.

«Le plastique est dans la nature et maintenant il est dans nos poumons, donc il est plus que temps d'arrêter cet envahissement, d'abord en stoppant la croissance de la production de plastique», a déclaré la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna en amont des débats.

Il faut notamment « éliminer le plastique à usage unique (...) c'est 40% de la production mondiale qui est franchement inutile », a-t-elle ajouté. Les discussions samedi matin portaient sur « la production, la consommation et l'utilisation durable des plastiques pour parvenir à une économie circulaire ». L'après-midi doit être consacrée à la « gestion rationnelle des déchets plastiques » et la prévention de leur rejet dans l'environnement. Mais « il faut qu'on fasse attention à ce que la question du recyclage ne remplace pas le débat sur la réduction de la production de plastiques », a ajouté le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu.

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« Les PME et les TPE ne doivent pas être les oubliées de la transition écologique » (Christophe Béchu et Olivia Grégoire)

Les discussions commenceront véritablement lundi entre négociateurs de 175 nations aux ambitions divergentes et soumises à la pression opposée des industriels et des ONG. Il y a un peu plus d'un an à Nairobi (Kenya), un accord de principe a été trouvé pour mettre fin à la pollution plastique dans le monde avec l'ambition d'élaborer d'ici fin 2024 un traité juridiquement contraignant sous l'égide des Nations unies.

Pour les Etats-Unis, le futur traité mondial contre la pollution du plastique devra avoir des objectifs "ambitieux" pour éradiquer les rejets dans l'environnement, mais sans imposer de limitation de la production, laissant chaque pays développer ses propres solutions pour mieux gérer une matière à ne "pas diaboliser".

«Les Etats-Unis veulent parvenir à un accord international ambitieux qui mette fin aux rejets dans l'environnement d'ici à 2040", comme annoncé par le G7, "et qui prenne en compte les besoins différents de chaque pays», confie à l'AFP Jose W. Fernandez, sous-secrétaire d'Etat américain à la croissance économique, à l'énergie et à l'environnement, venu à Paris.

« C'est l'un des défis environnementaux de notre époque et c'est une priorité pour nous », assure-t-il lors d'un entretien à l'ambassade, avant la reprise lundi de délicates négociations avec 175 pays, censées déboucher d'ici à la fin 2024. « Il s'agit aussi d'une question de justice car, dans de nombreux cas, ce sont les pays pauvres qui en pâtissent », affirme Jose W. Fernandez.

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Il admet la « nécessité d'un soutien financier » et souligne la responsabilité des Occidentaux « parmi les principaux producteurs et consommateurs de plastique ». Tout en arguant de la qualité du système de collecte américain :« nous sommes à l'origine de moins de 1% de la pollution des océans ». Premier consommateur mondial de plastique par habitant, les Etats-Unis génèrent 20% des 353 millions de tonnes de déchets de plastiques annuels mondiaux, selon les chiffres 2019 de l'OCDE. Qu'ils éliminent en majorité par l'enfouissement.

Une «étape cruciale»

Après une première session de négociations achevée le 2 décembre à Punta del Este (Uruguay), Paris accueillera ainsi la deuxième session sur les cinq prévues au total. Les questions de gouvernance ont jusqu'à présent dominé les échanges, mais les cinq jours de discussions doivent permettre de commencer à dessiner de grandes orientations.

Ces discussions « pourront constituer une étape cruciale, avec la préparation d'une première version du texte final du traité », espère Christophe Béchu. L'enjeu est de taille alors que le plastique, dérivé du pétrole, est partout : emballages, fibres de vêtements, matériel de construction, outils médicaux... Et sa production annuelle, qui a plus que doublé en 20 ans pour atteindre 460 millions de tonnes (Mt), pourrait encore tripler d'ici 2060 si rien n'est fait.

Une situation d'autant plus inquiétante que les deux-tiers partent au rebut après une seule ou quelques utilisations et que moins de 10% des détritus plastiques sont recyclés. Des déchets de toutes tailles se retrouvent au fond des océans, dans la banquise, l'estomac des oiseaux, et même au sommet des montagnes. Des microplastiques ont été détectés dans le sang, le lait maternel ou le placenta.

Les nations divisées sur l'usage du plastique

Le plastique pose aussi problème pour son rôle dans le réchauffement climatique. Il représentait 1,8 milliard de tonnes de gaz à effet de serre en 2019, 3,4% des émissions mondiales, chiffre qui pourrait plus que doubler d'ici 2060 selon l'OCDE. Les pays les plus ambitieux (54 pays conduits par le Rwanda et la Norvège, notamment Union européenne, Canada, Mexique, Australie et, depuis vendredi, le Japon) souhaitent désormais une « réduction de l'usage et de la production de plastique ».

Mais d'autres nations, du côté de l'Asie (Inde notamment) ou des États-Unis, pourraient se montrer plus timorées et insister sur la nécessité de recycler et de lutter contre les déchets abandonnés.

L'humanité abuse du plastique, « car il est trop bon marché », a estimé Inger Andersen, la patronne de l'ONU-Environnement, dans un entretien à l'AFP vendredi, à la veille du sommet à l'Unesco. Elle demande aux militants de « maintenir la pression » et aux industriels de ne pas rater le coche.

« Le plastique est partout. Nous aurons toujours besoin de l'interrupteur électrique, du volant, etc. Mais nous devons réfléchir à ce problème de l'usage unique. Nous abusons du plastique parce qu'il est si bon marché, mais il a des conséquences sur l'environnement, les océans, la flore et la faune. De plus en plus, nous prenons conscience de l';impact sur notre propre santé », a-t-elle asséné.

Les emballages compostables ne sont «pas une solution»

Ce sommet intervient alors que, jeudi dernier, l'Ademe, l'agence de la transition écologique a rendu un avis spécifiquement consacré à ces produits à la mode. Les emballages en plastique « compostable » ne sont « pas une solution », estime-t-elle, et la priorité doit être de limiter l'utilisation de tous les emballages.

« Faire le choix d'un emballage en plastique compostable ne constitue pas une solution face à l'enjeu de pollution générée par les plastiques dans l'environnement », souligne l'Ademe. Elle rappelle notamment que ces plastiques ne disposent pas d'une « aptitude à se biodégrader dans un milieu naturel », mais seulement dans des conditions bien précises de compostage (température, micro-organismes spécifiques...).

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Par ailleurs, l'Ademe souligne que le compostage d'un plastique n'est pas du recyclage (la matière n'est plus disponible pour fabriquer un nouveau produit) et que sa décomposition n'a pas de valeur fertilisante. L'agence de sécurité sanitaire (Anses) avait par ailleurs l'an dernier appelé à « proscrire les matières plastiques du compost domestique », notant un risque de « contamination » de l'environnement ou des cultures.

L'Ademe conclut que les plastiques compostables présentent un intérêt à deux conditions seulement : contribuer à augmenter les quantités de biodéchets valorisés et ne pas perturber les filières de traitement des déchets. Les emballages répondant aujourd'hui à ces deux conditions « sont très spécifiques » de certains usages comme les sacs « utilisés pour la collecte des déchets de cuisine et de table, ou les capsules de café ». L'agence publique rappelle que l'ordre de priorité doit être de prévenir, réutiliser puis recycler les emballages.

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Caddie arrête sa production de chariots en plastique

Caddie, propriété du groupe Cochez, a annoncé vendredi 26 mai sa décision d'arrêter la production de chariots de supermarchés en plastique dans un souci environnemental. « Dans le cadre de notre engagement en faveur de la responsabilité sociale des entreprises et de la réduction de la pollution plastique, nous avons pris la décision de mettre fin à la gamme Émotion », indique un communiqué de presse en référence à cette gamme de chariots en plastique.

« Les impacts environnementaux du plastique étant de plus en plus préoccupants, nous nous recentrons désormais sur les chariots en métal, reconnus pour leur recyclabilité et leur durabilité environnementale », est-il ajouté. L'entreprise invite ses clients et détaillants à opter eux aussi pour les chariots en métal, qualifiés d'« alternative solide, durable et recyclable, permettant de réduire la demande de nouvelles matières premières et la quantité de déchets générés ».

Le nombre de chariots en plastique produits chaque année par Caddie n'a pas été précisé. En revanche, un porte-parole de l'entreprise a indiqué à l'AFP qu'ils représentaient environ 10% de la totalité des chariots produits sur l'unique site de production de Caddie, à Dettwiller (Bas-Rhin).

Nom déposé en 1959 et inspiré du golf, Caddie, dont les origines industrielles et alsaciennes remontent à 1928 avec des produits en fil de fer, a connu son heure de gloire avec l'essor de la société de consommation, indissociable du chariot métallique pour les grandes surfaces, avant de rencontrer des difficultés. Caddie a été repris en 2022 par le groupe Cochez, spécialisé dans le transport et les services industriels et basé à Valenciennes, dans le Nord. Caddie compte au total 117 salariés.

(Avec AFP)

latribune.fr

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