Rénovation des logements : Effy veut (re)gagner la confiance des particuliers
César Armand
César Armand
La rénovation énergétique des bâtiments attire tous les "margoulins" possibles et inimaginables. C'est connu. Après l'isolation des combles pour un euro, la conversion des chaudières au fioul pour ce même montant subira les assauts des arnaqueurs tôt ou tard. L'objectif de ces incitations est pourtant écologique et économique: il s'agit de réaliser des travaux d'amélioration pour obtenir de réelles économies tant sur la consommation que sur la facture.
Cette année, Effy, qui revendique la première place dans l'accompagnement à la rénovation, a vendu ses activités business-to-business (collectivités et industriels) pour dégager des moyens financiers et se recentrer sur ses clients particuliers. Aujourd'hui, elle met en relation les parties prenantes, mais n'aide "pas tout à fait" les ménages dans la réception des travaux. Certes, elle audite 10 à 20% des chantiers et apporte une garantie décennale en plus de celle de l'entreprise générale du bâtiment, mais elle entend "donner davantage d'armes et de leviers" aux particuliers.
Dès 2020, cette société va en effet appeler les organismes certificateurs Qualibat et Qualit'EnR (énergies renouvelables, Ndlr), qui délivrent le label "Reconnu garant de l'environnement" (RGE), à rendre publiques leurs grilles d'évaluation. L'intérêt est double: faire bénéficier les acteurs de la filière "de l'expérience et de la vision officielle" et apporter de la transparence aux ménages.
Les 2.000 compagnies partenaires seront en outre mieux scrutées, poursuit le dirigeant. La société travaille déjà avec des établissements de scoring et dispose de systèmes de veille-alerte pour se prémunir de tout aléa. Demain, elle renforcera ses critères de notation-réputation en se fondant sur les attestations sur l'honneur reçues de la part de ses clients une fois les travaux achevés.
Il est en effet temps d'agir: la France compte au moins 5 millions de passoires thermiques. Sans parler de l'objectif d'éradication annuelle de 500.000 d'entre elles, qui est encore loin d'être atteint avec moins de 150.000 par an.
Les ménages sont par ailleurs souvent démunis dans la jungle des 3,2 milliards d'euros d'aides, entre le crédit d'impôt transformé en prime, les aides ou les subventions, dans un marché qui pèse, selon le gouvernement, 31 milliards par an.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Dans ce contexte, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé par l'exécutif, les ménages les plus modestes devront encore s'acquitter d'un reste à charge après avoir changé de matériel ou réalisé un petit chantier. Effy travaille donc avec "des groupes" pour solvabiliser ces publics fragiles.
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Autrement dit, cette société entend passer au "pay-as-you-save", c'est-à-dire trouver des solutions innovantes et surtout accessibles à tous pour financer la transition écologique de l'habitat. Elle peut se le permettre: entre fin 2018 et fin 2019, elle devrait doubler son chiffre d'affaires et son effectif, soit 200 millions d'euros et 200 salariés.
César Armand