Rénovation des logements : Effy veut (re) gagner la confiance des particuliers

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(Crédits : Reuters)
Le leader de l'accompagnement à la rénovation énergétique appellera, en 2020, les organismes certificateurs à rendre publiques leurs grilles d'évaluation sur le label "Reconnu garant de l'environnement" (RGE).

La rénovation énergétique des bâtiments attire tous les "margoulins" possibles et inimaginables. C'est connu. Après l'isolation des combles pour un euro, la conversion des chaudières au fioul pour ce même montant subira les assauts des arnaqueurs tôt ou tard. L'objectif de ces incitations est pourtant écologique et économique: il s'agit de réaliser des travaux d'amélioration pour obtenir de réelles économies tant sur la consommation que sur la facture.

Cette année, Effy, qui revendique la première place dans l'accompagnement à la rénovation, a vendu ses activités business-to-business (collectivités et industriels) pour dégager des moyens financiers et se recentrer sur ses clients particuliers. Aujourd'hui, elle met en relation les parties prenantes, mais n'aide "pas tout à fait" les ménages dans la réception des travaux. Certes, elle audite 10 à 20% des chantiers et apporte une garantie décennale en plus de celle de l'entreprise générale du bâtiment, mais elle entend "donner davantage d'armes et de leviers" aux particuliers.

Rendre publiques les grilles d'évaluation des certificateurs

Dès 2020, cette société va en effet appeler les organismes certificateurs Qualibat et Qualit'EnR (énergies renouvelables, Ndlr), qui délivrent le label "Reconnu garant de l'environnement" (RGE), à rendre publiques leurs grilles d'évaluation. L'intérêt est double: faire bénéficier les acteurs de la filière "de l'expérience et de la vision officielle" et apporter de la transparence aux ménages.

"La qualification RGE devra être en cours de validité pour les travaux en question", précise le président d'Effy Frédéric Utzmann. "Le label n'est pas le même pour une chaudière ou pour de l'isolation."

Renforcement de la notation-réputation des partenaires

Les 2.000 compagnies partenaires seront en outre mieux scrutées, poursuit le dirigeant. La société travaille déjà avec des établissements de scoring et dispose de systèmes de veille-alerte pour se prémunir de tout aléa. Demain, elle renforcera ses critères de notation-réputation en se fondant sur les attestations sur l'honneur reçues de la part de ses clients une fois les travaux achevés.

Il est en effet temps d'agir: la France compte au moins 5 millions de passoires thermiques. Sans parler de l'objectif d'éradication annuelle de 500.000 d'entre elles, qui est encore loin d'être atteint avec moins de 150.000 par an.

Lire aussi : 10 solutions pour se débarrasser des passoires thermiques

Solvabiliser les publics les plus fragiles

Les ménages sont par ailleurs souvent démunis dans la jungle des 3,2 milliards d'euros d'aides, entre le crédit d'impôt transformé en prime, les aides ou les subventions, dans un marché qui pèse, selon le gouvernement, 31 milliards par an.

Dans ce contexte, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé par l'exécutif, les ménages les plus modestes devront encore s'acquitter d'un reste à charge après avoir changé de matériel ou réalisé un petit chantier. Effy travaille donc avec "des groupes" pour solvabiliser ces publics fragiles.

 "Nous n'avons pas vocation à devenir une banque mais nous voulons proposer des mensualisations étalées dans le temps inférieures aux économies réalisées", insiste Frédéric Utzmann.

Autrement dit, cette société entend passer au "pay-as-you-save", c'est-à-dire trouver des solutions innovantes et surtout accessibles à tous pour financer la transition écologique de l'habitat. Elle peut se le permettre: entre fin 2018 et fin 2019, elle devrait doubler son chiffre d'affaires et son effectif, soit 200 millions d'euros et 200 salariés.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2019 à 19:34 :
Le premier margoulin c est le patron d effy lui meme
C est bien de faire le beau en disant qu il va doubler ses effectifs, faudrait lui rappeler le nombre de licenciement qu il a fait alors qu il s etait planté et n a pas assumé
Il a purgé ses effectifs et beaucoup savent comment
Et surtout ne parlons de tous les impayés qu il a fait
Ce gars n a aucune honte...
a écrit le 03/12/2019 à 13:09 :
On voit fleurir ici et là des scandales liés à l'isolation... Or, pour obtenir un crédit d’impôt, il faut prendre une entreprise RGE. Mais, ce certificat ne garantit pas "le sérieux" de l'entreprise, mais simplement une qualification.
De plus, que ce soit pour l'isolation où autrefois le photovoltaïque, très largement subventionné par les collectivités, il est certain que certains professionnels majorent leur tarif, imposant ainsi un partage des aides.
Même si chaque immeubles à des caractéristiques spécifiques, ne serait-il pas logique que les devis et travaux soient supervisés par ceux qui attribuent la certification RGE, garantissant ainsi le rapport qualité/prix.

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