Recupyl prépare une nouvelle brique technologique

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Deux ans après une levée de fonds importante, Recupyl a changé de dimension, entre essor industriel et développement d'un savoir-faire reconnu dans le recyclage et la valorisation des piles et batteries électriques usagés. Créée en 1993, la société grenobloise, qui transforme des déchets en ressources, avance par étape, et 2011 devrait être une année charnière. Elle va monter en régime sur ses différents sites industriels de traitement mécanique.

Surtout, Recupyl va arriver à maturité sur le développement de sa technologie propriétaire d'hydrométallurgie, très complémentaire de son procédé actuel, et indispensable au bon recyclage des piles et autres accumulateurs. Cette avancée doit déboucher sur la construction d'un site pilote en France, prévu pour être opérationnel début 2012.

Un projet d'investissement en France

"Nous avons un projet d'investissement pour la mise en activité d'une première usine chimique, qui représente une valeur supérieure à notre industrie", explique Guillaume Charpy, directeur général, et ancien de Veolia. Le projet doit jeter les bases industrielles de son procédé hydrométallurgique, pour ensuite passer à un déploiement sur différents sites du groupe dans le monde. Ses recherches en matière d'hydrométallurgie remonte à une quinzaine d'année et repose sur les travaux du Dr Farouk Tedjar.

Recupyl reste néanmoins très discret sur ce développement, comme sur le montage financier de cet investissement industriel, qui pourrait représenter plusieurs millions d'euros. Une implantation du futur site à Pont-de-Claix, près de Grenoble, est à l'étude.

L'hydrométallurgie en route vers l'industrialisation

"La valeur ajoutée de Recupyl, et son savoir-faire différenciateur, est liée au traitement hydrométallurgique", ajoute Guillaume Charpy.

Aujourd'hui Recupyl traite par des procédés de broyage et de séparation mécanique plusieurs types de produits : les piles alcalines et salines (celles qui sont généralement cylindriques et alimentent les objets électroniques) et les batteries lithium-ion. Une première étape qui sépare les principaux matériaux constitutifs des déchets pour valoriser directement les éléments recyclables (papiers, plastiques, éléments ferreux).

L'hydrométallurgie doit arriver dans une deuxième étape, et représente un traitement chimique en milieu humide. Une partie des matériaux constitutifs des piles et autres batteries (le concentré non-ferreux) est actuellement valorisée par Recupyl au travers d'autres filières de recyclage. Sa technologie d'hydrométallurgie vient combler cette lacune et permettra à la société de maîtriser tout la chaîne de valorisation. L'hydrométallurgie vient traiter le concentré non-ferreux qui résulte du traitement mécanique, pour valoriser des poudres métalliques (zinc, manganèse, cobalt, aluminium, cuivre, etc.).

Un procédé plus propre et moins couteux que la pyrométallurgie

Le recyclage se fait à basse température, inférieure à 0°C, est peu énergivore et présente une empreinte carbone et un coût de production moindre. Le procédé émet peu de dioxyde de carbone, et le taux de recyclage est élevé, selon l'entreprise. Et l'ensemble du processus présente des coûts moins élevés que la pyrométallurgie, un traitement concurrent à haute température, et réalisé par combustion.

Depuis plusieurs années, Recupyl déploie un réseau d'usines en France et à l'étranger utilisant des techniques de traitement mécanique. La deuxième phase de développement de la société consiste à associer à ses outils de production actuels, sa technologie hydrométallurgique. Les deux procédés successifs sont indispensables à la bonne valorisation des piles et batteries électriques usagés.

Recupyl, producteur de matières premières

"Nous avons développé nos outils de production de manière très ciblée depuis notre augmentation de capital en décembre 2008", souligne Guillaume Charpy. A côté de son siège et de son centre de R&D dans la région de Grenoble, à Domène, et d'une première implantation internationale à Singapour, Recupyl a ouvert ces deux dernières années des usines de traitement mécanique en Pologne, Italie, Espagne et aux Etats-Unis. L'année 2011 verra ces trois derniers sites industriels monter en puissance.

Aujourd'hui, elle réalise hors d'Europe 50% de son chiffre d'affaires de 3 millions d'euros environ. L'Europe restera néanmoins son principal vecteur de croissance en 2011. Au delà, Recupyl mise sur le décollage du marché de la voiture électrique pour se placer sur le recyclage des batteries lithium-ion, un marché très prometteur qui atteindra plusieurs milliards de dollars, selon plusieurs études.

"Nous remettons sur le marché des métaux stratégiques issus des mines urbaines, par définition hors sol", note Guillaume Charpy, en faisant la comparaison avec les métaux issus des gisements miniers, situés en sous-sol. "Avec cette industrie du recyclage, nous contrôlons l'accès à ces métaux stratégiques", ajoute le dirigeant. Une position qui place la société au coeur de l'économie circulaire, poussée par la raréfaction des matières premières.

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