"Un moyen d'accroître l'indépendance énergétique d'un pays en créant des emplois locaux"

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Entretien avec Ingmar Wilhelm Président de l'Association européenne du photovoltaïque (EPIA)

Quel mix énergétique peut-on envisager si on réduit fortement la part du nucléaire ?

Si la décision était prise de conserver les capacités nucléaires actuelles sans en installer de nouvelles, on aurait le choix entre le charbon, le gaz et les énergies renouvelables. Le charbon est disponible en quantité, mais si l'on tient compte de l'incidence des quotas d'émission et du prix du CO2, son coût peut s'en trouver nettement accrû. D'ailleurs, les industriels hésitent à construire de nouvelles centrales sans système de captage du CO2, mais c'est une technologie encore émergente et très coûteuse. Le gaz, qui présente l'avantage de la flexibilité de la production, va certainement prendre une part croissante à court terme. Mais ses coûts sont variables à 80 %, ils sont fixés par les producteurs et sont fonction de l'offre et de la demande. Recourir massivement au gaz accroît la dépendance énergétique d'un pays et lui impose une facture largement liée à l'évolution des cours du pétrole.

Les énergies renouvelables vous semblent mieux placées ?

A l'inverse du gaz, et comme le nucléaire, 95 % de leurs coûts sont fixes. Et, surtout, elles fonctionnent avec une énergie, vent ou soleil, qui appartient à chaque pays. Elles constituent donc une bonne opportunité pour les Etats qui veulent accroître leur indépendance énergétique tout en développant des emplois locaux.

Mais ne sont-elles pas trop onéreuses ?

Dans le photovoltaïque, les coûts ont baissé de 40 % ces 5 dernières années, et devraient diminuer encore de 20 à 25 % dans les deux prochaines années. Cela va permettre d'atteindre partout la parité avec les coûts de l'électricité traditionnelle d'ici à 2015, et de s'affranchir de la dépendance des soutiens financiers. En outre, le photovoltaïque peut être installé très rapidement et permet de produire de façon décentralisée, à proximité des lieux de consommation, ce qui réduit encore les coûts en supprimant celui du transport.

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