La CRE donne sa bénédiction au déploiement de Linky

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C'est une nouvelle étape franchie dans le long processus mis en place pour décider du déploiement définitif du compteur communicant Linky en France : sans surprise, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) vient de donner un avis favorable à sa généralisation. Elle a réalisé un audit dans le cadre du comité d'évaluation de Linky, qui réunit toutes les parties prenantes (opérateurs, fournisseurs d'énergie, autorités concédantes, associations de consommateurs, industriels...) et qui doit préparer la position du gouvernement qui sera annoncée d'ici à la fin de l'été, avait indiqué Eric Besson, ministre de l'Industrie, en mai dernier.

La CRE s'est basée sur les résultats de l'expérimentation de quelque 250 000 compteurs menée depuis plus d'un an dans le Rhône et en Indre-et-Loire par ERDF. Un test de grande envergure qui a donné lieu à de nombreuses critiques, y compris de l'Ademe qui n'était pas très convaincue au départ des bénéfices pour le consommateur. La CRE estime que les problèmes constatés initialement ont été corrigés et motive son feu vert par quatre arguments : la nécessité de développer un compteur "évolué" pour garantir la stabilité des réseaux électriques, un bénéfice attendu pour le consommateur en matière de qualité de service grâce notamment aux relevés à distance qui permettront d'établir des factures réelles et non plus estimées, un coût "globalement neutre" selon l'analyse technico-financière réalisée et enfin la nécessité de donner un coup de pouce à l'industrie française des compteurs communicants qui pourrait ensuite glaner des marchés à l'international.
La CRE recommande par ailleurs de démarrer le déploiement avec la technologie dite "CPL G1" tout en insistant sur la nécessité de viser la technologie "CPL G3", qui apportera des améliorations pour les gestionnaires de réseaux.
Les prochaines étapes
Reste maintenant au comité d'évaluation de Linky puis au gouvernement à se prononcer, même si la décision ne fait guère de doute. Une fois le feu vert donné, ERDF lancera un appel d'offres pour sélectionner les fournisseurs du dispositif. Un marché sur lequel devrait se positionner Iskra (Slovénie), Itron (Etats-Unis) et Landis+Gyr (Suisse/Australie), racheté récemment par le groupe japonais Toshiba, les trois fournisseurs qui ont déjà livré les quelque 250.000 premiers compteurs Linky. D'autres acteurs devraient aussi chercher à récupérer une part du gâteau. La sélection des futurs fournisseurs se fera logiquement courant 2012, avec ensuite une phase lente de mise en route.
6 à 7 années de déploiement
Il faudra 6 à 7 ans pour remplacer les 35 millions de compteurs français. Ce déploiement à grande échelle pourrait créer 10.000 emplois (emplois industriels + emplois en aval avec l'installation des compteurs), selon un calcul d'ERDF. Si les projections sont respectées, la fin du déploiement des nouveaux compteurs communicants interviendrait vers 2018-2019. Un calendrier en ligne avec la cap fixé par Bruxelles, qui vise 80% de compteurs intelligents dans l'Union européenne en 2020.
Au total, Linky représente un investissement de 4 milliards d'euros, financés par ERDF, avec une moitié dépensée sur le matériel (compteurs, concentrateurs, système d'information) et l'autre moitié sur les frais de pose et d'installation.

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Commentaires
a écrit le 06/09/2011 à 15:49 :
Nous sommes parait-il en démocratie, mais qui demande l installation de tels compteurs ?
En fait, nos gouvernants, peu au courant des problèmes énergétiques (se rappeler l amusante discussion entre les deux candidats à la présidentielle de 2007?) se sont lancés dans les énergies renouvelables, se sont engagés devant leurs homologues européens, et maintenant il faut bien se débrouiller avec la technique. Le stockage va être très onéreux, et la seule solution économique sera de nous couper le courant en période de pointe, plus exactement de nous limiter la puissance.
Des quatre arguments, seul le premier tient la route : la nécessité de développer un compteur "évolué" pour garantir la stabilité des réseaux électriques. Le « bénéfice attendu pour le consommateur en matière de qualité de service grâce notamment aux relevés à distance qui permettront d'établir des factures réelles et non plus estimées »est bien faible, car actuellement la régularisation est faite tous les ans, et l?avance que certains font à EDF ne justifie pas un gros investissement. Le « coût "globalement neutre" selon l'analyse technico-financière réalisée » me fait rigoler, car jusqu à présent ce genre d évaluation a toujours été contredit par les faits? Enfin « la nécessité de donner un coup de pouce à l'industrie française des compteurs communicants » est en contradiction flagrante avec l énoncé des sociétés sur le coup.
En conclusion, on s est engagé dans une voie qui va nous coûter cher, et nous n avons qu un seul droit, celui de payer.
a écrit le 06/09/2011 à 11:06 :
Quelle ineptie et quelle gabegie !

D'un côté ce compteur inutile coûte une fortune au consommateur, ne facilite en rien les économies d'énergie (bien au contraire) et décourage une nouvelle fois le développement des énergies renouvelables.

De l'autre il favorise le modèle de réseau obsolète (et totalement atypique en Europe) développé par et pour le nucléaire et au profit d'EDF, et maintien le pays dans des choix abscons, en plus avec des produits importés.

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