Avatar, Soundtrack to a Coup d'Etat, A Big Bold Beautiful Journey... Notre sélection cinéma de la semaine

Notre sélection cinéma de la semaine.
LTD/DR

Notre sélection cinéma de la semaine.
LTD/DR

On s'en souvient, tout a commencé en 2009 avec la sortie d'Avatar, dont l'idée initiale avait germé dans l'esprit de son créateur, James Cameron, dès les années 1990. Soit une véritable bombe de nouvelles technologies dans le domaine des effets spéciaux et dans ce qui n'est pas encore au centre de toutes les conversations et controverses, l'intelligence artificielle. Caméra virtuelle, personnages en images de synthèse hyper réalistes, capture du mouvement : 60 % des images de ce premier volet sont artificielles ! Le succès planétaire est au rendez-vous et des suites sont annoncées.
Tant et si bien que Cameron décide de tourner en même temps les deuxième et troisième volets : La Voie de l'eau (qui ressort mercredi sur les écrans), et De feu et de cendres (en salles le 17 décembre). Résultat : un tournage qui s'est échelonné sur trois années complètes, du 25 septembre 2017 au 29 septembre 2020, un budget total et pharaonique estimé entre 350 et 460 millions de dollars et une sortie, pour le premier volet, deux ans plus tard, en 2022.
En choisissant de ressortir La Voie de l'eau deux mois avant le nouveau et très attendu troisième épisode, les distributeurs français tablent à l'évidence sur l'impatience des fans de cette saga créatrice d'un monde et d'une langue. Trois ans après sa première sortie, seront-ils ou non déçus par un épisode qui, sur le plan purement technologique, effectuait des prouesses sidérantes notamment sur la capture des mouvements sous l'eau ? Cameron, pour parvenir à ces exploits aquatiques inédits, fit largement appel à l'IA, en révolutionnant par la même occasion la technologie 3D.
Selon lui, le recours à l'IA a permis de doubler la vitesse à laquelle les effets spéciaux sont obtenus, permettant ainsi aux artistes qui les génèrent de « faire d'autres choses intéressantes », selon sa propre expression. Réalisé en même temps, De feu et de cendres entend bien prolonger cette plongée dans l'IA, tout en assurant, comme le proclame haut et fort Cameron, que cette même IA ne saurait en aucun cas écrire les scénarios à la place des auteurs. À l'esprit humain la dramaturgie, aux robots les techniques les plus avancées pour les représenter sur grand écran. De film en film, Cameron entend bien rester le maître du jeu et... de l'IA.

Le 15 février 1961, la chanteuse Abbey Lincoln, le batteur Max Roach et l'écrivaine Maya Angelou prennent d'assaut le Conseil de sécurité de l'ONU. Ils entendent protester contre l'assassinat, le 17 janvier, par des mercenaires belges (avec la bénédiction de la CIA) de Patrice Lumumba, Premier ministre martyr de l'indépendance
du Congo acquise sept mois plus tôt. Ces images constituent l'un des nombreux points d'orgue de Soundtrack to a Coup d'Etat, le passionnant documentaire signé du réalisateur belge Johan Grimonprez.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Cette fresque politique et musicale retrace avec brio les conditions de cette élimination au sens propre (le corps de Lumumba sera dissous dans un baril d'acide). L'histoire d'une Afrique devenue en pleine guerre froide le terrain d'une lutte d'influence entre les États-Unis et l'Union soviétique, le refus de l'ancienne puissance coloniale et des Américains de perdre le contrôle d'un pays riche en matières premières (cobalt, uranium, caoutchouc), la trahison de l'ONU... Un film coup de poing, nourri d'archives souvent inédites et de séquences musicales emballantes. Le tout servi par un montage habile et rythmé par comme une jam-session.

Que la promesse était belle : la rencontre entre David (Colin Farrell) et Sarah (Margot Robbie), deux âmes solitaires et abîmées qui se réparent au cours d'un voyage psycho-fantastique en revisitant deuils et souvenirs de leur jeunesse. Au lendemain du mariage où, invités, ils ont fait connaissance, David et Sarah se laissent en effet guider
par un étrange GPS qui leur promet une grande aventure et les conduit devant de mystérieuses portes. Ils doivent alors les franchir pour que chacun revive son passé, découvre celui de l'autre et trouve le courage d'aller de l'avant. Et pourquoi pas pour tracer ensemble un futur amoureux.
À lire également
Malgré son séduisant dispositif, le nouveau film de Kogonada, après son très réussi After Yang (2021), ne tient pas la promesse de son titre : A Big Bold Beautiful Journey. Si les deux acteurs brillent par leurs indéniables charisme et justesse, chaque situation accouche de séquences trop inégales : tantôt profonde, tantôt superficielle, touchante, ou risible... Dès lors, l'inconstance règne et Kogonada s'égare dans un road-movie confus, balisé de références brouillonnes, pour que finalement de cette odyssée romantique et métaphysique on ne retienne que la longueur.