Baie de Somme : le vrai Saint-Val’, pour ceux qui savent chercher

Sur la Côte d'Opale, la petite cité médiévale a un charme pittoresque avec son port, ses remparts et ses maisons colorées.
LTD/SAMUEL DHOTE/ONLYFRANCE

Sur la Côte d'Opale, la petite cité médiévale a un charme pittoresque avec son port, ses remparts et ses maisons colorées.
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Ici, l'eau épouse la terre, le sel imprègne l'herbe, et les agneaux grandissent dans les parfums iodés des prés bordés de salicorne. Sur les quais plantés de tilleuls, les villas Belle Époque, où Claude Lelouch filma Catherine Deneuve dans Si c'était à refaire, s'alignent comme un souvenir vivant, en contrebas de la cité médiévale d'où Guillaume le Conquérant leva les voiles vers l'Angleterre. Vous êtes dans le décor hors du temps de Saint-Valery-sur-Somme... ou plutôt, de manière minimaliste, Saint-Val'ry, et plus sûrement Saint-Val', si vous ne voulez pas trop passer pour l'un des très nombreux touristes.
Dans le quartier du Courtgain, les volets multicolores racontent les pêcheurs d'hier : lorsqu'on repeignait les coques des bateaux, on utilisait le reste pour les volets, marquant les maisons aux couleurs de chacun. Autrefois, la baie de Somme se couvrait des voiles carrées des sauterelliers, ces bateaux pêchant la sauterelle - nom picard de la crevette grise. Alors, bien sûr, il y a le train à vapeur et les phoques.
Mais cette cité de caractère, avec ses maisons à colombages, ses églises en damier de silex et ses niches votives en hommage aux marins disparus ne se résume pas à quelques attractions touristiques. Elle regorge de jardins secrets, de chapelles cachées et de spots confidentiels pour l'apéro, où profiter de la lumière unique de l'estuaire et des envolées d'oiseaux venus du parc du Marquenterre voisin.


Les halophytes sont, de leur appellation scientifique, les plantes poussant sur les rivages salés. C'est aussi le nom du restaurant qui a ouvert fin juillet à la place d'une institution locale, le Mathurin (1, place des Pilotes), dont le chef Pierre-Alain Delaby est parti à Abbeville créer La Léontine. Ce dernier s'est associé à ses confrères du Schorre, autre très bonne table locale, pour concocter ce comptoir street food ouvert du jeudi soir au lundi soir.

Loin de l'agitation touristique, au bout d'une ruelle fleurie immortalisée autrefois par Degas, se trouve un havre de fraîcheur, l'Herbarium. C'est l'ancien jardin des nonnes de l'hôpital voisin, qui y cultivaient des plantes médicinales.
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Se faire masser avec vue sur l'embouchure de la Somme, à l'hôtel-spa Les Corderies (214, rue des Moulins). Le soir, l'établissement ouvre une terrasse où siroter un Romanas, mocktail relevé au sirop de romarin, cultivé dans son jardin.
Ce 10 août se tient la Fête de la mer, pour célébrer la mémoire des marins. Fils et petit-fils de pêcheurs, Patrick Vue est à la manœuvre depuis trente ans. Au programme, décoration du quartier de Courtgain, avec près de 2 kilomètres de filets accrochés sur les maisons et 2 000 glaïeuls, une messe, une procession et un dépôt de gerbe en mer.

La chapelle de Saint-Valery, communément appelée Chapelle des Marins, surplombe l'entrée de l'embouchure. C'est, depuis la fin du XIXe siècle, le coin des amoureux, et son damier de silex et pierres blanches permet aux amants de graver leurs initiales dans le calcaire. En repartant, on jette une pièce dans la fontaine de la Fidélité, au pied de l'édifice.
Oublier de réserver un taxi à l'arrivée en gare de Noyelles-sur-Mer, la plus proche (à 10 kilomètres, quand même !).
À La Buvette du Mouton, qui pourrait s'appeler le troquet du bout du monde. Repris il y a un an par Aurélien Seux, l'établissement (455, quai Jeanne-d'Arc) à la fin du chemin de halage se fait bar de plage l'été, avec terrasse sur pilotis et brasero, et restaurant l'hiver avec de nombreuses animations et collab avec des commerçants du coin.

La friterie, ce fast-food flamand. La meilleure se trouve sur la route du cap Hornu, détenue par la famille Debeauvais. Des frites fondantes et croustillantes, cuites en deux fois et, pour l'expérience ultime, une fricadelle (saucisse de viandes hachées). Le soir, vous pourrez faire pénitence avec une salade de salicornes et aneth au 1066 (2, place des Pilotes).

À La Baie Les Gaufres, food truck stationné à l'entrée de la ville. Deux Parisiens ont repris le volant de ce camion, qui fut celui de la grand-tante de l'un, officiant au Crotoy depuis 1960. Pour les becs sucrés, ne pas rater l'institution Watterlot (93, rue de la Ferté) avec son gâteau battu, que l'on déguste posé dans le « ch'coin Minteux » voisin, abri face au chenal.
Lâcher du bout des lèvres la moindre information - du numéro de Reinette, la ramasseuse de végétaux marins qui vous accompagne récolter des salicornes, au plan kayak pour observer les phoques - par peur du surtourisme.

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