La chronique de François Clemenceau. Guerre et paix version Kremlin
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À qui accorder en ce moment, instinctivement, le plus de crédibilité ? À Donald Trump, à Vladimir Poutine ou aux services de renseignement américains, qui ont rendu publique cette semaine leur synthèse annuelle des menaces qui pèsent sur les États-Unis ? On doit à la CIA et à la DIA (le renseignement militaire) d'avoir su voir juste lorsque Vladimir Poutine assurait au monde entier qu'il n'allait pas envahir l'Ukraine alors qu'en fait il s'y préparait activement.
Peut-on croire un homme qui est capable de recevoir pour la première fois Angela Merkel à Sotchi avec son chien en sachant qu'elle en a une peur phobique depuis l'enfance et qui prétend par la suite, avec un sourire entendu, ne l'avoir jamais su ? Et Donald Trump, lui qui qualifiait le dirigeant russe de « génial » et de « futé » après son invasion de l'Ukraine, peut-on le croire lorsqu'il promet qu'il obtiendra la paix en vingt-quatre heures entre Moscou et Kiev, puis en cent jours, puis en six mois ?
C'est sûr qu'en lâchant le maximum de concessions au fur et à mesure que Poutine met la pression sur les tractations, le président américain doit s'imaginer qu'il est possible d'aller plus vite. L'expérience prouve pourtant le contraire : plus les deux parties négocient dans le détail, plus le Kremlin est dans la surenchère, plus la partie ukrainienne s'inquiète et plus le cessez-le-feu tant promis recule.
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C'est pourquoi il faut parcourir le rapport 2025 du renseignement américain sur l'évaluation annuelle des menaces. Il y est précisé dès les premières pages qu'il a été réactualisé jusqu'à la mi-mars, autrement dit qu'il tient compte des deux premiers mois de la gouvernance Trump sur le dossier russo-ukrainien.