La chronique de François Clemenceau. Iran, la survie à tout prix ?
François Clémenceau
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Cette semaine, François Clemenceau se penche sur le nucléaire iranien.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Le choix du nucléaire pour l'Iran ne date pas des mollahs. Le chah voulait un pays moderne, et l'atome pouvait être un accélérateur de cette modernisation. « Qu'est-ce que nous allons faire avec une arme nucléaire, nous attaquer à qui, à une grande puissance ? C'est ridicule, confiait-il lors d'un entretien à la télévision française en 1974. Aux petits voisins, c'est ridicule, on n'en a pas besoin. Mais si c'est eux qui chercheraient à s'approprier les armes nucléaires, quoi faire ? »
Cinq ans plus tard, une fois le dirigeant renversé, son programme nucléaire civil s'est retrouvé dans les mains des hiérarques de la Révolution islamique. Ce n'est qu'en 2002 que les Iraniens ont été pris en flagrant délit de violation de leurs engagements envers l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Quand on cache des choses et qu'on promet tous les vendredis de réduire en cendres l'« entité sioniste » - pour ne pas dire Israël -, c'est qu'on est une menace pour ses voisins.
La suite ? Treize ans d'âpres négociations pour déterminer dans quelles limites l'Iran pouvait poursuivre son programme civil en veillant à ce qu'aucune étape d'enrichissement ni de recherche ne lui permette d'avoir la bombe atomique. L'accord de Vienne de juillet 2015 portait la signature des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, de l'Allemagne, de l'Union européenne et de l'Iran. Il était valable pour dix ans. Nous y sommes.
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Entre-temps, un certain Donald Trump a jugé bon de déchirer cet accord en 2018 au prétexte qu'il n'était pas suffisamment contraignant. Les Européens ont supplié l'Iran de rester discipliné mais, face à la « pression maximale » imposée par Trump, la République islamique a choisi d'accélérer son programme secret. Lorsqu'on enrichit l'uranium à 60 %, c'est qu'on vise la bombe, et lorsqu'on a déjà plus de 400 kilos à ce niveau, c'est qu'on est capable de fabriquer déjà dix bombes.
François Clémenceau