C'est un sommet qui pourrait se résumer à une transaction : les 24 et 25 juin, à La Haye, les 31 alliés des États-Unis au sein de l'Otan s'engageront à consacrer 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense. 5%, c'est le prix exigé par Donald Trump en échange d'une promesse de maintenir la protection américaine, inscrite dans le fameux article 5 du traité de l'Atlantique Nord (une attaque contre un de ses membres est une attaque contre tous).
A la manœuvre, Mark Rutte, secrétaire général de l'organisation, s'est efforcé d'ouvrir une voie sécurisée à travers le champ de mines pour organiser un sommet court et « sans surprises ». Les divergences fondamentales entre Américains et Européens sur la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, le commerce, le Moyen-Orient et les valeurs démocratiques libérales seront délibérément ignorées.
La déclaration finale devrait se réduire à une seule page, centrée sur l'augmentation des dépenses de défense. Pas un mot, cette fois, sur le chemin « irréversible » d'une adhésion de l'Ukraine à l'Alliance et sur la responsabilité de la Russie dans la guerre d'agression.
« Ce sommet consiste à donner une victoire symbolique à Donald Trump » explique Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'OTAN. L'habileté de Mark Rutte a consisté à scinder l'objectif en deux parties : 3,5 % de PIB pour les dépenses militaires, 1,5 % du PIB pour les dépenses connexes (infrastructures, cybersécurité, satellites), un exercice de comptabilité créative pour permettre une mise en oeuvre plus réaliste.