La chronique de Marc Fiorentino. Les États-Unis (sur)gonflés à bloc ?
Marc Fiorentino

Retrouvez la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Je sais. Dans le monde de la finance, depuis l'élection de Trump, on ne peut plus émettre de doutes sur la puissance des marchés américains et sur la domination des grandes valeurs américaines. Même les économistes les moins libéraux prévoient, en se pinçant le nez certes, que l'économie américaine va tout écraser sur son passage. Au détriment de l'Europe et de la Chine. Et que les entreprises américaines, déjà au zénith, vont continuer à remporter la mise. À tous les coups.
Le résultat, c'est une deuxième année de flambée des indices boursiers américains. Près de 60 % de hausse en deux ans. Et une envolée du dollar. Accompagnée d'une explosion de la « Trump money » : le bitcoin.
C'est l'euphorie. Mais de l'euphorie à l'« exubérance irrationnelle » que dénonçait l'ancien patron de la banque centrale américaine Alan Greenspan en lançant un avertissement à la fin des années 1990 sur la bulle Internet, il n'y a qu'un pas. Compte tenu de l'écrasante domination américaine sur la finance mondiale, on doit se poser la question : est-ce une bulle ?
Beaucoup d'éléments dans les marchés d'aujourd'hui pointent vers une bulle :
Bref, nous pouvons dire que la période actuelle a « tout d'une bulle ». Mais est-ce pour autant une bulle ?
Les contre-arguments sont nombreux : les valorisations des entreprises américaines leaders sont élevées mais pas absurdes tant leur domination mondiale est forte, tant leurs bénéfices sont gigantesques et tant leurs réserves de cash sont insensées ; elles vont bénéficier d'une dérégulation historique et de baisses d'impôts massives et enfin, argument massue, Trump aime le business et la Bourse et ne laissera jamais les indices boursiers baisser.
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Tous ces contre-arguments sont sensés. Oui, les États-Unis ont le vent en poupe ; oui, les entreprises américaines, et surtout les leaders de la tech, dominent le monde de façon écrasante ; oui, l'optimisme sur l'économie américaine est justifié. Mais je me dis qu'une grande partie des bonnes nouvelles est déjà dans les cours actuels. Et que nous ne sommes pas à l'abri d'un accident, comme on l'a vu cette semaine quand la Fed a annoncé qu'elle allait ralentir le rythme de baisse des taux.
Le principe d'une bulle est qu'on ne peut jamais prévoir quand elle va arriver. J'ai donc tout de même envie d'aborder 2025 avec une plus grande prudence que le consensus.
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