La chronique de Douglas Kennedy. La « destinée manifeste » version Trump
Douglas Kennedy
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LTD/Fabien Clairefond
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Un souvenir de mon enfance newyorkaise: à partir de l'âge de 10 ans, j'ai grandi en face du Muséum d'histoire naturelle, une institution mondialement connue abritée dans un extraordinaire bâtiment gothique qui occupe quatre pâtés de maisons. Juste devant l'entrée qui donne sur Central Park West se dressait une statue de l'un des fondateurs du musée, le président Theodore Roosevelt, dont les huit années de mandat (1901-1908) furent marquées par des ambitions à la fois progressistes et impérialistes.
Bien qu'affilié au Parti républicain qui était à l'époque celui des petites entreprises et de l'expansion capitaliste, Roosevelt est aussi connu pour son programme de politique intérieure baptisé le « Square Deal », dont un des fers de lance fut la lutte antitrust. Il s'attaqua ainsi aux pratiques tarifaires déloyales des grands monopoles qui contrôlaient alors une vaste partie de l'économie américaine.
Il partit également à l'assaut des barons du chemin de fer et des industriels qui imposaient des prix exorbitants sur les produits alimentaires et pharmaceutiques. Écologiste avant l'heure, il créa par ailleurs le National Forest Service pour protéger les terrains publics contre les appétits des promoteurs immobiliers. La fabuleuse collection d'immenses parcs nationaux que possèdent encore à ce jour les États-Unis trouve son origine sous Teddy Roosevelt, un héritage qui mérite d'être salué.
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Mais Roosevelt était aussi ouvertement expansionniste. Lors de la guerre hispano-américaine de 1898, il avait combattu à Cuba à la tête des « Rough Riders », un régiment de cavalerie qu'il avait cofondé, et fut le héros victorieux de la bataille de San Juan. Sous sa présidence, il développa la puissance navale des États-Unis pour montrer au reste du monde qu'ils étaient désormais une puissance globale.
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