La chronique de Douglas Kennedy. Trump et l’épidémie d’incivilité
Douglas Kennedy
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LTD/Fabien Clairefond
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La scène se déroule dans ce temple moderniste à la gloire de la musique qu'est la Philharmonie de Berlin. Je suis abonné aux concerts qu'y donne son merveilleux orchestre résident. Les habitués de cette institution sont l'un des meilleurs publics au monde : jamais une sonnerie de portable, jamais un murmure ni le moindre applaudissement entre deux mouvements symphoniques susceptible de perturber l'extrême concentration des 2. 200 spectateurs présents.
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Pourtant, lors d'une représentation de l'orchestre symphonique de Boston dans le cadre du Musikfest à la fin de l'été 2023, une femme assise devant moi (une Américaine, je l'avais entendue parler avant le lever de rideau) se mit à envoyer des SMS après le début du concert. Je me penchai vers elle pour lui demander en silence d'éteindre son téléphone, ce qu'elle fit. Mais, après l'entracte, alors que l'orchestre livrait une version endiablée du Petrouchka d'Igor Stravinsky, elle recommença. Je ne voulais pas intervenir à nouveau, et j'avais trouvé une position sur mon siège qui me permettait d'éviter la luminosité de son écran, mais l'homme à sa droite finit par s'impatienter et lui martela, dans un anglais à l'accent britannique acéré : « Éteignez ça tout de suite. »
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