Un an après les émeutes en Nouvelle-Calédonie, le député Renaissance Nicolas Metzdorf se questionne sur le projet de l'État français pour l'archipel.
Il y a un an, la Nouvelle-Calédonie s'embrasait. Un an que les violences du 13 mai ont frappé nos villes, nos familles, notre économie. Un an que des militants indépendantistes ont tenté d'imposer par la force ce que les urnes leur ont refusé à trois reprises.
Il y a une semaine, un ministre de la République proposait à ces mêmes acteurs un statut d'indépendance-association. Comme si tout cela n'avait pas existé. Comme si la démocratie pouvait céder à la pression. Comme si la souveraineté pouvait être négociée sous menace.
Alors posons la question clairement : quel est aujourd'hui le projet réel de l'État français pour ses territoires ultramarins ? Est-ce de répondre aux émeutes par des concessions institutionnelles ? Est-ce d'offrir à ceux qui défient la République les clefs d'un État indépendant - mais associé, en façade ? Et quel message envoie-t‑on aux autres territoires ultramarins ? À Mayotte, en Guyane, aux Antilles ? Que l'on obtient plus par les blocages que par les bulletins de vote ?
Les Calédoniens, eux, ont voté. Trois fois. Pour rester Français. Cette décision claire, souveraine, engage tout le pays. Elle ne peut être contournée sans mettre en péril l'autorité de l'État et la cohésion nationale.
Ce combat n'est pas celui d'un camp contre un autre. C'est celui de la République contre l'ambiguïté, de la démocratie contre l'intimidation, de la souveraineté contre le désengagement.
Face à cette offensive politique et diplomatique contre notre appartenance à la France, nous avons résisté. Nous avons dit non. Non par attachement à la République. Non par lucidité : l'autonomie actuelle nous confronte déjà à des difficultés majeures. Imaginer une rupture totale avec la France, même « associée », serait une folie économique, sociale, sécuritaire.
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Et surtout, nous savons ce que cela signifierait : le retrait progressif de l'État, le recul de l'ordre, le vide stratégique dans lequel des puissances étrangères - bien moins bienveillantes - viendraient s'engouffrer.
Il est désormais temps d'ouvrir une nouvelle phase de discussion, à la hauteur des enjeux. Nous devons organiser les élections provinciales dans la sérénité, rouvrir le corps électoral à ceux qui vivent et construisent ici, et bâtir un modèle d'avenir qui concilie identité calédonienne et appartenance française.
Ce combat n'est pas celui d'un camp contre un autre. C'est celui de la République contre l'ambiguïté, de la démocratie contre l'intimidation, de la souveraineté contre le désengagement.
La Nouvelle-Calédonie est française. Pas par défaut. Par choix. Et par espoir.
Nicolas Metzdorf, député Renaissance de Nouvelle-Calédonie