L'édito de Bruno Jeudy. Macron à la relance
Bruno Jeudy

Retrouvez chaque semaine l'éditorial de Bruno Jeudy, directeur délégué de « La Tribune Dimanche ».
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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En bonne intelligence. Après la séquence budgétaire qui a vu François Bayrou affirmer son autorité et son habileté tactique, Emmanuel Macron tente de reprendre la main pour sauver la fin de son quinquennat et donner une dimension historique à son action. Au chef machiniste de Matignon de réparer les avaries pour que le chef de l'État retrouve le cap de la bonne espérance ! Ce n'est pas gagné évidemment, vu le contexte d'impopularité dans lequel l'homme de l'Élysée évolue depuis un an.
Huit mois après la dissolution crash, il mise sur l'intelligence artificielle et sur le lancement d'une procédure référendaire. L'organisation à Paris d'un sommet international de l'IA constitue une rapide et opportune réponse aux initiatives chinoises avec DeepSeek et au faramineux projet Stargate de Donald Trump. Certes, on est loin des 500 milliards annoncés par le président américain, mais l'addition des différents projets annoncés à Paris va permettre à Emmanuel Macron d'afficher une belle moisson.
L'occasion de se poser en champion et en aiguillon de la souveraineté européenne dans le domaine du numérique. La participation d'une centaine de pays, avec notamment la présence du Premier ministre indien Modi, des vice-présidents américain et chinois ou d'Ursula von der Leyen, témoigne d'une ambition diplomatique qu'il faut saluer.
En revanche, le choix de proposer rapidement un référendum a tout d'un pari dangereux. Le président pense sans doute comme Machiavel que « l'impétuosité et l'audace réalisent ce que les moyens ordinaires échouent à réaliser ». Afin de mettre tous les atouts de son côté, il consulte autour de lui, une façon, pense-t-il, de se prémunir des expériences malheureuses du général de Gaulle en 1969 et de Jacques Chirac en 2005.
Le défi semble de taille pour un homme qui a fondé son parcours politique sur la conviction que le succès est un enfant de la témérité. Si les questions font le philosophe, les réponses des citoyens défont souvent le chef de l'État en matière référendaire. Il faudra en effet trouver le sujet idoine pour cette consultation du peuple, susceptible de susciter l'intérêt tout en répondant à une exigence démocratique.
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Comme l'écrivait Jean-François Kahn dans son Dictionnaire incorrect, « le problème [...] n'est pas d'apporter les bonnes réponses mais de "poser les vraies questions" ». Il s'agit de donner aux Français la vivifiante impression qu'à la place du président ils auraient posé la même question ! L'équation est rendue d'autant plus complexe que la Constitution exclut les sujets sociétaux.
En s'engageant sur la voie du référendum - peut-être au printemps -, Jupiter redeviendrait le maître des horloges et ce coup de poker lui permettrait de ne pas rester encalminé jusqu'à la fin de son mandat et de ne pas s'aventurer dans une nouvelle dissolution fatale. Pour trouver la meilleure question possible à soumettre au corps électoral, sera-t-il tenté de consulter ChatGPT ? Quitte à faire plus tard l'amer constat que la machine peut être infernale et que « les vertus que nous prêtons aux machines, nous nous en dépouillons », selon les mots de l'écrivain Paul Guth.
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