Juillet 2024, dans un salon d'hôtel proche de la Bastille. Le cadre est agréable mais l'ambiance est crispée. Les représentants du Nouveau Front populaire ne parviennent pas à s'accorder sur un nom à proposer pour Matignon. La nuit s'étire, les nerfs lâchent, et le bras droit de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, tente un coup auprès des socialistes : « On se revoit demain et je vous fais une proposition avec plusieurs noms. » Le lendemain, le coordinateur de La France insoumise met quatre noms de premiers-ministrables sur la table des négociations : Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Clémence Guetté et lui-même. Aucun n'est suffisamment consensuel pour être accepté, mais cette proposition en dit déjà beaucoup. Elle suffit à elle seule à signaler aux autres qui compte en terre Insoumise.
Cinq mois plus tard, c'est à ce même trio redoutable et soudé que Jean-Luc Mélenchon a demandé de lancer la machine de la campagne présidentielle et de plaider à nouveau pour la destitution du président. Il est convaincu qu'Emmanuel Macron ne tiendra pas les trente mois qui lui restent et veut être prêt pour ce jour potentiel où tout basculerait. La députée du Val-de-Marne Clémence Guetté planche sur une nouvelle version du programme des Insoumis, « L'avenir en commun », qui sera présentée fin janvier. Manuel Bompard organise depuis le 15 décembre la collecte des 500 signatures et va lancer une campagne pour inciter les jeunes des quartiers à s'inscrire sur les listes électorales. Quant à Mathilde Panot, elle motive les 71 députés du groupe LFI à l'Assemblée nationale pour que ces derniers soient prêts à faire campagne.