François Bayrou organise, mardi 15 avril 2025, une conférence sur les finances publiques. Objectif : détailler la trajectoire budgétaire et préparer les esprits à d’importants efforts.Officiellement, il s'agit d'associer tous les Français à une nouvelle méthode de construction du budget pour 2026, plus participative et plus transparente. Officieusement, l'exercice consiste surtout à les préparer à des coupes budgétaires d'ampleur. Entouré de ses ministres de l'Économie, Éric Lombard, et du Budget, Amélie de Montchalin, François Bayrou réunira mardi un « comité d'alerte » comprenant les représentants des collectivités locales, de l'État, des organismes de santé...
Une séance de pédagogie alors que l'exécutif entend toujours réduire son déficit à 5,4 % du PIB en 2025 et à 4,6 % en 2026... avant un retour à 3 % en 2029. « S'il reste sur cette trajectoire, ça promet d'être très, très violent ! Cela signifie entre 40 et 50 milliards d'euros d'économies à faire l'an prochain », traduit Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE.
Un budget challengé par une instabilité internationale
Une marche d'autant plus haute que dans un contexte de guerre commerciale, l'environnement économique global se dégrade, et que les recettes fiscales se réduisent. Éric Lombard a d'ailleurs baissé, dès cette semaine, sa prévision de croissance à 0,7 %. « Et l'an prochain, le gouvernement ne pourra plus compter sur les 10 milliards d'euros d'impôts exceptionnels puisque cette contribution des entreprises et des ménages très aisés est prévue uniquement cette année, mais pas au-delà », rappelle Mathieu Plane.
Parallèlement, de nouvelles dépenses sont annoncées, pour réarmer le pays et pour payer une charge de la dette - 113 % du PIB - qui progresse avec la remontée des taux d'intérêt. « Si on dit que l'on veut maintenir le modèle social, préserver le pouvoir d'achat des Français, ce budget 2026 risque vite de virer à l'équation insoluble », confirme Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste de BDO France.