SONDAGE LÉGISLATIVES EXCLUSIF. Une majorité de Français ne veut pas d’un front républicain
Soazig Quéméner

Renaissance, MoDem et Horizons réunis, recueillerait 14 % de voix.
LTD / Quentin Top / Hans Lucas via AFP
Soazig Quéméner

Renaissance, MoDem et Horizons réunis, recueillerait 14 % de voix.
LTD / Quentin Top / Hans Lucas via AFP
Après une nouvelle dissolution, l'Assemblée resterait tout aussi ingouvernable qu'aujourd'hui. C'est en tout cas la photographie que livre notre étude Elabe pour La Tribune Dimanche et BFMTV effectuée jeudi 28 et vendredi 29 août, après le coup de poker de François Bayrou. « Il n'y a pas de mouvements tranchés qui laisseraient entendre que nous pourrions sortir de la majorité introuvable », précise Bernard Sananès, président d'Elabe. Une étude qui ne s'appuie pas sur l'offre réelle - les éventuels candidats ne sont pas connus - mais dessine l'actuel rapport des forces entre les différents partis.
Sans surprise, en cas de nouvelles législatives, le Rassemblement national pointerait en tête du premier tour avec entre 31 et 31,5 % des voix selon les hypothèses, en léger recul depuis notre dernière étude en juin. La gauche, elle, reprendrait quelques couleurs (23,5 % si elle était unie, soit 2,5 points de plus qu'en juin). Divisé, ce camp obtiendrait plus de voix au total, avec 16,5 % pour une alliance entre les socialistes, les écologistes et les communistes, 10 % pour les candidats Insoumis.
➡️ Retrouvez l'étude complète ici : Les Français et les élections législatives
L'ex-majorité présidentielle s'affirmerait comme la grande perdante de nouvelles élections. Ensemble, c'est-à-dire Renaissance, MoDem et Horizons réunis, recueillerait 14 % de voix, soit près de 7 points de moins qu'en 2024 dans l'hypothèse d'une gauche unie.
« Les événements de la rentrée politique continuent de faire reculer l'espace central, observe Bernard Sananès. 14 %, c'est le score des européennes, mais c'est aussi un score critique. En dessous de 12,5 % des inscrits, les candidats ne peuvent pas se maintenir au second tour des législatives. Sauf alliance avec LR, c'est le gage d'une élimination massive de candidats à l'issue du premier tour. » De son côté, dans le même cas de figure, le camp composé des Républicains et des divers droite progresse de 2,5 points en deux ans.
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Des Républicains que ce sondage n'aidera pas à sortir de leur brouillard stratégique. Les sympathisants LR sont très partagés quant à la marche à suivre : 30 % souhaitent que le parti présente un candidat sans faire d'alliance, alors que 35 % optent pour une alliance avec le camp présidentiel et 29 % avec le RN. À noter que 71 % (+16) des sympathisants des partis du camp présidentiel souhaitent que LR s'allient avec eux, alors que 66 % (+10) des sympathisants RN souhaitent que ces derniers s'allient avec leur parti.
Si notre sondage ne rebat pas les cartes pour le premier tour, il est annonciateur d'un scénario de second tour potentiellement différent de celui de 2024. En particulier parce que 53 % des sondés rejettent désormais la stratégie du « front républicain ». Dont 57 % des électeurs LR, et surtout 31 % de ceux d'Ensemble.
« Cela signifie que, en cas de duel LFI-RN au second tour, certains ex-macronistes ne se déplaceraient pas », projette Bernard Sananès. De quoi faire gonfler le contingent de députés du parti de Jordan Bardella. Au second tour des législatives de 2024, on avait compté plus d'une centaine de face-à-face entre le RN et le Nouveau Front populaire.
Dernier enseignement de notre étude : la séquence qui vient de s'écouler aura abîmé l'ensemble de la classe politique. 45 % des Français estiment que tous les acteurs politiques sont responsables de la situation actuelle, un score en nette hausse (+14) par rapport à celui mesuré en décembre après la censure du gouvernement de Michel Barnier.
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Un tiers des personnes interrogées estiment que le principal responsable de la situation est Emmanuel Macron (en baisse de 9 points), quand seulement un sondé sur dix rejette la faute sur l'actuel Premier ministre. Une petite consolation de rentrée pour François Bayrou.
Soazig Quéméner