Tournoi des Six Nations : seule la victoire est belle
Stéphane Colineau

Thomas Ramos (à gauche) célèbre le troisième essai français avec Romain Ntamack (au centre) et Louis Bielle-Biarrey.
LTD/JULIEN DE ROSA / AFP
Stéphane Colineau

Thomas Ramos (à gauche) célèbre le troisième essai français avec Romain Ntamack (au centre) et Louis Bielle-Biarrey.
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Enfin ! En dominant hier l'Écosse au Stade de France (35-16), la génération de surdoués couvée par Fabien Galthié depuis 2020 a soulevé un trophée, celui du . Son deuxième, trois ans après son premier succès dans la vénérable compétition. Génératrice hors pair de fierté et d'engouement, la bande à Dupont, Ntamack ou Alldritt, des noms auxquels on a envie de greffer ceux de Ramos, Cros ou Bielle-Biarrey, devra encore étoffer son palmarès pour le hisser à la hauteur de son talent. Mais hier soir au Stade de France, l'heure n'était pas à chanter La Marseillaise à moitié.
Il n'y a pourtant pas toujours eu de quoi fanfaronner. Sans Dupont, blessé pour de longs mois, la France a tremblé, méritant à peine son avantage à la mi-temps (16-13). Le geste d'humeur de Mauvaka aurait pu lui coûter davantage qu'un carton jaune (21e). Une autre exclusion temporaire, celle de Jean-Baptiste Gros (36e), a aiguisé l'appétit écossais. Heureusement pour les Bleus, ces adversaires libérés mais pas bien rigoureux ont laissé des munitions en chemin. La suite était prévisible. Les remplaçants français, sortis de ce banc désormais composé de sept avants et un seul arrière, ont tout emporté sur leur chemin, en puissance.
Au bilan, les Bleus ne sortent pas invaincus de leurs cinq batailles de l'hiver, contrairement à 2022. Mais leur mérite reste grand. La route vers la victoire est plus escarpée les années impaires, avec ses voyages en Irlande et en Angleterre. En ces années hostiles, le XV de France n'avait jusqu'ici triomphé qu'une fois dans l'histoire des Six Nations, en 2007.
Sur le chemin, il aura montré deux visages. Le premier est celui d'une promo de prodiges, l'une des plus brillantes façonnée par les éducateurs du pays. Elle a marché à coups d'épaule, d'intelligence individuelle et collective sur le pays de Galles (43-0), l'Italie (24-73) ou l'Irlande (27-42). Elle a écrit l'Histoire : cette édition restera celle où Thomas Ramos a battu le record de points inscrits en équipe de France de Frédéric Michalak (450). Où Louis Bielle-Biarrey a égalé celui d'essais marqué dans un Tournoi (8). Et Damian Penaud celui d'essais sous le maillot bleu de Serge Blanco (38).
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Mais quand elle présente son mauvais profil, affiché à Twickenham (26-25) ou hier soir par moments, elle redevient un bataillon fébrile qui peut se défaire de sa concentration de manière incompréhensible. Ou alors de façon trop explicable, quand l'enjeu et la pression montent. La France y aura perdu un Grand Chelem. Mais tout bien considéré, le scénario de ce Tournoi n'en a peut-être été que plus excitant, en générant une orgie d'émotions. Ce n'est certainement pas l'avis de Fabien Galthié. Son travail de construction et les choix stratégiques sont à saluer, mais le sélectionneur n'a peut-être pas fini de regretter « l'irrégularité congénitale » des Latins, ainsi qu'il la nomme.
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