Peinture orientaliste, à l'Est du nouveau

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Les œuvres du XIXème siècle décrivant la vie des califes, des harems ou des bazars sont particulièrement recherchées. Notamment par les nouvelles fortunes moyen-orientales et les pays du Golfe qui veulent ainsi remplir les cimaises de leurs récents musées. Les prix ont grimpé de plus de 100% en une décennie.

Bazars chatoyants d'une Casbah éclairée d'un soleil levant, harems lumineux aux odalisques langoureuses, ergs rougeoyant au crépuscule enflammé, fiers cavaliers Goums défilant face à la tente du Grand Bey, bains maures aux callipyges enfumées, les peintures orientales se présentent souvent comme d'immenses chromos d'une époque révolue. Ce qu'elles sont parfois car, initialement, il s'agissait de décrire avec force couleurs vives la puissance des armées coloniales dans des régions encore inconnues. L'appellation (non controlée) de peinture orientale s'applique aux artistes européens qui ont suivi, dans un premier temps, les expéditions militaires du Rif au Bosphore, puis ceux, qui ont été séduits par une lumière autre et un mode de vie différent. Mais aussi à quelques peintres qui se contentant de déscriptions ont travaillé dans leur atelier parisien.

Le premier du genre est Delacroix, qui en 1832, deux ans après la prise d'Alger, révolutionne la peinture par ses jeux d'ombre et de lumière, passant ainsi du romantisme évocateur à la narration détaillée. Des centaines d'artistes traversent alors la Méditérranée, un mouvement qui dure jusque dans les années 1930 avec des réalisations de qualités pour le moins diverses.

Si les oeuvres "kitsch" sont les plus nombreuses et accessibles (de 2.000 à 15.000 euros), d'autres, plus travaillées et plus personnelles, sont particulièrement recherchées. Et ce depuis les années 1980 avec l'arrivée des pétrodollars et des nouvelles fortunes turques, marocaines, égyptiennes, mais aussi depuis peu, la mise en chantier des musées du Quatar et d'Abu Dhabi à la recherche de toiles et sculptures de très bon niveau, souvent à prix d'or.

C'est ainsi que quelques signatures dépassent désormais le demi million d'euros : Bauernfeind, Brigman, Dinet, Ernst, Fromentin, Gérôme, Girardet, Majorelle, Pasini, quand celles de Bezombes, Bouviolle, Cauvy, Cruz Herrera, Fabbi, Huysmann, Legrand, Pilny, Pontoy, Portaels ou Rousseau peuvent dépasser les 100.000 euros.

Fort de son passé colonial, des ses nombreux ex-collectionneurs ? souvent des rapatriés aujourd'hui agés dont les héritiers cédent les toiles ? et d'experts réputés, la France est le point de passage obligé du marché de la peinture orientale. Spécialiste du genre, car la première à s'être lancée sur le marché des enchères dès 192, la société de vente Gros-Delettrez met aux enchères le 13 mars à Drouot 143 lots dédiés à cet art si particulier. On trouve, notamment des "Porteuses d'huile" de Pontoy (estimation 25.000 euros), un "Intérieur de Bazar" de Flandin (45.000 euros), une "Embuscade dans le désert" de Pliny (100.000 euros), un "Débarcadère" de Brest (100.000 euros), une "Récolte de dattes" de Majorelle (120.000 euros, une "Beauté orientale" de Portaels (150.000 euros), une "Sortie princière" de Legrand (150.000 euros) ou une "Dispute" de Dinet (450.000 euros).

Le 13 décembre, Drouot Richelieu salles 7-9, renseignements: www.gros-delettrez.com

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