Pourquoi la Bourse du Maroc fait bande à part

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LaTribune Infographie
LaTribune Infographie (Crédits : La Tribune Infographie / BHEDOUIN)
L'instabilité et le risque géopolitique dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient ont vu nombre de places boursières sombrer dans le chaos. Contre toute attente, le Maroc résiste mieux que les autres pour plusieurs raisons.

C'est un paradoxe pour le moins troublant. Alors que le vent révolutionnaire qui souffle depuis plusieurs semaines maintenant dans le monde arabe, a fait vaciller comme un jeu de domino les places financières du Maghreb et du Moyen-Orient, les coups de boutoir du risque géopolitique n'ont toujours pas eu raison des indices marocains. Depuis le début de l'année le Masi Free Float index s'inscrit toujours en hausse de 1,32 %. Mieux, parmi les émergents du MSCI Emerging Market, le Maroc fait partie des quatre seuls pays à s'inscrire en hausse depuis le début de l'année avec la Russie, la Hongrie et la République Tchèque. Autant dire que les manifestations du 20 février n'ont pas suscité de mouvement de panique dans les rangs des investisseurs. De quoi soulever certaines questions. Le régime marocain serait-il en soi une assurance de stabilité politique ? « Contrairement à d'autres régimes, celui du Maroc ou de Jordanie a une marge de man?uvre. La monarchie s'appuie sur un gouvernement qui peut, à l'occasion, faire office de « fusible » en cas de tensions sociales et politiques » souligne Stéphane Barthélemy, gérant chez State Street Global Advisors. Si cela n'a pas été le cas au Maroc, la formation d'un nouveau gouvernement en Jordanie, début février, a en effet permis depuis d'apaiser, au moins pour un temps, les tensions dans ce pays.

Au-delà de la structure politique même, la résistance de la place financière casablancaise tient aussi à d'autres facteurs. Plus techniques. A commencer par son aspect défensif. Le Masi Free float Index compte en effet comme première capitalisation Maroc Telecom - dont la pondération est de près de 20 % - qui affiche une hausse de 6 % depuis le début de l'année. En outre, « le marché marocain est très peu liquide. Si bien que lorsque les marchés chutent, ceux qui sont les moins détenus par les investisseurs, résistent mécaniquement mieux que les autres » analyse Stéphane Barthélemy. Enfin, là où l'inflation galopante et la flambée des prix de certaines denrées alimentaires et de première nécessité ont été en quelque sorte l'étincelle qui a allumé le feu des contestations, il apparaît que le phénomène est beaucoup moins évident au Maroc. « Le PNB par habitant ne dépasse pas les 3000 dollars et fait partie des plus bas dans le monde arabe. De même, sa croissance qui avoisinait l'an dernier les 4,5 % reste modérée par rapport à la croissance moyenne de 6,5 % dans l'ensemble des pays émergents. Dès lors à 3,5 %, l'inflation y est beaucoup plus modérée » conclut le gérant de chez State Street Global Advisors.

 

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