L'édito de la Tribune : le virage européen de l'AMF

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune

Un Européen de conviction à la présidence de l'Autorité des marchés financiers ! Le choix ne pouvait être plus judicieux. Pas seulement parce que Jean-Pierre Jouyet, 54 ans, ancien collaborateur de Jacques Delors à Bruxelles et ministre d'ouverture de Nicolas Sarkozy, est un apôtre du consensus. Mais parce que ce choix s'inscrit dans le grand virage que doivent prendre la supervision et la régulation des marchés.

Michel Prada, auquel Jean-Pierre Jouyet succédera mi-décembre, a fait beaucoup pour asseoir l'autorité de l'AMF. En France même, où après avoir été critiqué pour son absence de pugnacité dans les affaires Vivendi et Rhodia, il a su s'opposer avec fermeté aux prises de contrôle rampantes d'Eiffage et de Gecina. A l'international surtout, où Michel Prada a transformé une institution jeune _ elle n'a que cinq ans _, en une entité respectée, jouant un rôle central à l'OICV, l'Organisation internationale des commissions de valeurs.

Ses relations avec les dirigeants américains de la SEC, la Securities & Exchange Commission, notamment, ne sont pas pour rien dans le choix de la Bourse de New York, lorsqu'il a fallu se résigner à adosser son homologue paneuropéenne, Euronext, dont Paris est le coeur. Mais on a alors pu mesurer l'incompréhension et le fossé existant entre Européens. Entre entreprises de marché du Vieux continent, mais aussi entre régulateurs. Français et Allemands, notamment, se sont alors retrouvés en désaccord sur tout, ou presque.

Il est trop tard, désormais, pour revenir sur ce choix d'une Bourse transatlantique, dont la crise financière américaine a laissé entrevoir ces derniers mois les limites. Voire les dangers. Il n'est pas trop tard, en revanche, pour doter la régulation européenne d'une architecture et d'un corps de doctrine suffisamment forts pour entraîner l'adhésion des Vingt-Sept. Voire au-delà, alors que l'attente dans le monde sur ces sujets est pressante et que l'Amérique semble répugner à en prendre la tête. Ce sera le travail de Jean-Pierre Jouyet.

 

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Une bourse transatlantique n'a pas lieu d'être.

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