Elle court, elle court, la rumeur !

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(Crédits : Albert Caen)
Par Philippe Mabille, rédacteur en chef et éditorialiste à La Tribune.

Quinze jours à peine après l'accord de Bruxelles, la Grèce est de nouveau dans la tourmente. Les marchés financiers, agités de multiples rumeurs, testent la capacité de résistance du gouvernement Papandréou en faisant monter la prime de risque sur la dette grecque à des niveaux stratosphériques. Le taux sur les emprunts d'Etat à dix ans dépasse désormais les 7%, soit 400 points de base au-dessus des emprunts allemands. à ce compte-là, la barre des 8%, 9% voire des 10% n'est plus très loin.

La Grèce, désormais moins bien cotée que certains pays émergents, et menacée d'une grave crise sociale et politique en raison de la potion de rigueur exigée pour rétablir la situation budgétaire, est de plus en plus proche de la faillite. Pour ajouter à la confusion, les spéculations les plus folles circulent. Le déficit public, que le gouvernement promet de ramener à 8% du PIB d'ici un an, ne serait pas de 12,9% comme le reconnaît désormais le ministre des finances, Georges Papaconstantinou, mais de près de 14%...

Une autre rumeur a laissé entendre qu'Athènes ne voudrait plus de l'aide du FMI, jugée trop contraignante, et chercherait des financements en dollars plutôt qu'en euros. Voire serait prête à se jeter dans les bras des Chinois. Enfin, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a dû démentir que la Grèce veuille revoir les modalités du mécanisme d'aide financière négocié à Bruxelles, dénonçant des "rumeurs malveillantes". Gageons que les services secrets grecs, qui auraient lancé des enquêtes pour découvrir qui sont les spéculateurs qui se cachent derrière ces manipulations, vont rapidement faire en sorte que "la peur change de camp".

Une chose est sûre : à ce rythme, la Grèce, qui doit bientôt revenir sur les marchés, n'est plus très éloignée du moment où elle va rencontrer une impasse de financement. L'Europe va donc se retrouver de nouveau face à ses responsabilités. Quand au FMI, qui vient d'envoyer une équipe à Athènes, il va devoir clarifier son rôle tant il semble que la rumeur prospère sur le flou du plan d'aide et l'évidente mauvaise volonté allemande pour sauver la Grèce.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2010 à 7:58 :
Vous pointez les allemands du doigt. Depuis quand les bons élèves doivent-ils payer pour les mauvais ? S'il y a quelques leçons à tirer de la crise au niveau de l'Europe, c'est que :
1) les Allemands avaient mille fois raison d'exiger une banque centrale indépendante et installée chez eux.
2) que les autres nations européennes, y compris la France, sont incapables d'une gestion des finances publiques digne de ce nom (voyez l'envolée de déficits qui ne datent pas d'hier!).
3) Que la commission de Bruxelles et nos chers politiques n'ont pas été assez sélectifs et clairvoyants dans leurs critères d'intégration à la zone euro. La Grèce ne mérite tout bonnement d'en faire partie.
4) La Grèce ne mérite aucune mesure de clémence de la part de ses partenaires européens puisqu'elle a cherché à les gruger sur sa situation financière en leur présentant des comptes mensongers avec l'aide de banques américaines (Goldman Sachs en autres, si je ne me trompe pas).
5) Exit la Grêce de la zone euro. A qui le prochain tour parmi les "pigs" ? La France ne figure pas parmi eux, mais elle n'en est pas loin !!!!

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