La double bosse de Lagardère

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Par Olivier Provost, rédacteur en chef de latribune.fr.

"Touchez ma bosse, Monseigneur", disait le chevalier de Lagardère à ses ennemis dans le film de cape et d'épée où le fringant bretteur se déguisait en bossu. L'éventuel duel attendu ce mardi à l'assemblée générale des actionnaires du groupe Lagardère entre l'héritier éponyme et le financier activiste franco-américain Guy Wyser-Pratte pourrait, lui, fort bien n'être qu'un coup d'épée dans l'eau. La rapière de l'assaillant va en effet rencontrer deux obstacles de nature radicalement différente mais difficilement transperçables l'un et l'autre.

Le premier concerne bien sûr ce fameux statut de commandite, si pratique au clan Lagardère et à ses proches depuis de longues années. On a vu par le passé des commandites sauter... à condition d'y mettre le prix. Et là, ce n'est pas une épée qu'il faut mais une bombarde, dotée de suffisamment de munitions pour que la menace ou la tentation fasse plier les défenseurs de la place forte. L'offensive actuelle n'a pas l'air de disposer de telles armes.

Quand bien même elle y parviendrait, elle se heurterait à une autre cuirasse, celle de la participation de Lagardère dans EADS qui permet aux pouvoirs publics de bloquer toute OPA au nom de la défense des intérêts stratégiques de la France. Cette participation est certes destinée à être cédée, parallèlement à celle de l'autre grand actionnaire privé de la maison mère d'Airbus, l'allemand Daimler. Mais l'Etat français, lui aussi important actionnaire d'EADS, ne sait toujours pas qui mettre à la place et se refuse à laisser le groupe totalement coté en Bourse comme l'est son grand rival, l'américain Boeing, protégé cependant de près par la Maison-Blanche et le Pentagone.

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