Sortir du face-à-Facebook

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Par Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef à La Tribune.

Le débat autour des données personnelles sur Internet prend un tour risqué. En gagnant en importance, en sortant de la sphère des spécialistes pour aller sur la place publique et sur le terrain politique, il a tendance à se simplifier. Ce dont il faut se féliciter. Les modalités d'expression sur la Toile sont un réel enjeu démocratique. Mais gare à la caricature ! Car dans l'arène publique, pour gagner le soutien de l'opinion, le slogan fait parfois davantage mouche que l'explication.

Les tenants de l'autorégulation du Net ont beau jeu de taxer les partisans d'une régulation d'être en retard sur leur époque, et inversement... Pour reprendre les arguments de Facebook ou même de Google, la société évolue et les décideurs doivent en tenir compte. Ainsi, on peut être choqué ou pas devant le succès des sites de rencontre comme Meetic, mais, c'est un fait et une évolution des comportements, la vie sexuelle et sentimentale d'un grand nombre de personnes y fait escale. En revanche, il est normal, et même nécessaire, que les autorités surveillent ces sites au regard de la législation sur les mineurs et sur le proxénétisme.

On peut être pour l'interdiction des films pornos à la télé à l'heure du goûter des enfants, sans être contre la télé (ni contre les films pornos d'ailleurs). De la même manière, il peut être légitime d'imposer des règles aux réseaux sociaux, sans être contre leur développement. Entre Google, qui à la suite d'une erreur humaine, dit-il, a violé les règles élémentaires de respect des données privées, et Facebook qui fait la sourde oreille aux conseils en matière de bonnes pratiques, le sujet est plus grave qu'un face-à-face entre des "pro" et des "anti" Internet.

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