Décrochage agricole

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

La France a mal à son agriculture. Du haut en bas de la filière. Ce constat amer est dans toutes les têtes alors que s'ouvre, dimanche aux portes de Paris, le Sial, le premier Salon mondial de l'industrie alimentaire.

Côté grandes entreprises, depuis des mois, le secteur est aux abonnés absents. BN, Lu et Orangina ont changé de mains, mais elles sont restées étrangères. Côté "ETI", ces fameuses "entreprises de taille intermédiaire" que le chef de l'État voudrait transformer en fer de lance de la reconquête industrielle, même constat.Il ne s'est trouvé personne en France, ces derniers mois, pour reprendre Teisseire, Petit Navire ou, même, Moroni, le modeste leader français du chorizo...

Les chiffres sont plus accablants encore. L'an dernier, tous les voyants du secteur étaient au rouge : chiffre d'affaires (-7,9% sur 2008), effectifs ( -0,9%) et, surtout, excédent commercial (-30,4%). La France, qui était encore le premier exportateur mondial de produits agroalimentaires au début des années 2000, n'est plus que le quatrième ! L'Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis lui sont passés devant, en moins de dix ans.

Le déclin est le même, si l'on se penche sur le bas de la filière. La France, bénie des dieux par son climat et la richesse de ses terroirs, demeure la première puissance agricole européenne, avec 65 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Mais son avance s'amenuise. Que l'on se penche sur les productions de lait, de porc, ou que l'on mesure les surfaces réservées aux plantations de... salades, l'Allemagne ne cesse de gagner des parts de marché, à force de compétitivité. La loi sur la modernisation de l'agriculture, adoptée en juillet, témoigne d'une certaine prise de conscience. Il était temps.

Jacques Chirac, l'apôtre de la France rurale, a été président pendant douze ans. Il est toujours fêté au Salon de l'agriculture. Mais son bilan est accablant. Taper le cul des vaches fait peut-être une bonne photo, certainement pas une bonne politique.

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