Obama toutes voiles dehors

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Par Philippe Mabille, rédacteur en chef et éditorialiste à La Tribune.

Les choix de politique économique de la première puissance du monde ont tout pour inquiéter le monde en 2011. Le compromis passé entre la Maison-Blanche et les républicains pour prolonger de deux ans les aides fiscales de l'ère Bush va certes rajouter du charbon dans la machine économique américaine, enlisée dans un chômage en passe de devenir structurel. Ces 700 milliards de dollars d'économies auxquelles Barack Obama renonce, vont renforcer un peu plus l'impopularité du président démocrate au sein de son propre camp, qui voit s'évanouir les rêves de rupture de 2008.

Soutenus à la fois par les baisses d'impôts en faveur des plus riches (à rebours de ce que font tous les autres pays pour redresser leurs comptes) et par une politique monétaire qui défie toutes les lois de la gravité économique, les Etats-Unis déploient toutes leurs voiles et mettent le spi pour tenter de rattraper la croissance des pays émergents. Le pari est d'amplifier le réveil du consommateur américain, au risque de casser le mât. L'agence de notation (américaine) Moody's ne s'est pas privée de faire connaître ses inquiétudes sur le "profil de crédit" des Etats-Unis, alourdis par une cargaison de 14.000 milliards de dollars de dettes, qui pourrait bien dépasser les 22.000 milliards dans les dix ans.

Moody's ne remet certes pas encore en cause la notation triple A de la dette américaine, comme a osé le faire l'impertinente agence chinoise Dagong. Mais si Obama perd son pari de redresser la croissance d'ici à 2012, date de la prochaine élection présidentielle, la question se posera. Wall Street, jusqu'ici très complaisant, n'attendra pas jusque-là pour voter contre lui en cas de remontée des taux d'intérêt.

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