Du rôle social des télécoms

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Par Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef à La Tribune.

L'idée d'un tarif social pour le mobile ou l'accès Internet lancée par Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Commerce, aux PME et à la Consommation, peut faire bondir. Pourquoi pas un tarif social pour l'achat d'une baguette, d'une voiture ou d'une télé ? Pas facile de savoir où mettre le curseur des aides censées permettre aux exclus du porte-monnaie de ne pas être des exclus de la société. D'autant moins dans une société de consommation où tout est fait pour rendre "indispensable" ce qui ne l'est pas. En dehors des filets de solidarité qui existent comme le RSA ou la CMU, le législateur a prévu depuis longtemps le principe de tarifs sociaux pour certains besoins jugés essentiels comme le téléphone fixe, l'électricité ou le gaz. Le téléphone mobile ou l'accès ADSL seraient ainsi tout aussi nécessaires pour que l'exclusion ne soit pas synonyme de condamnation à vie.

De fait, pour décrocher ne serait-ce qu'un petit boulot ou une mission d'intérim, être joignable par courriel ou téléphone mobile est aujourd'hui sans doute plus important et plus efficace que de figurer dans les listings de Pôle emploi. Quant à l'accès à Internet, le Conseil constitutionnel a lui-même fait référence à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, pour juger qu'il était un droit inaliénable, à moins d'une privation décidée par un juge. Frédéric Lefebvre a donc raison de pousser ce dossier. Le seul hic est celui de la cohérence de la politique publique qui érige ces services au rang de besoin essentiel au moment même où elle décide d'augmenter la TVA dessus.

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