Une bonne tranche de scissions

 |   |  291  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Par Pascale Besses-Boumard, rédactrice en chef à "La Tribune"

L es financiers n'ont jamais été aussi versatiles. En attestent les derniers chiffres de la rotation sectorielle des portefeuilles des gérants, des statistiques qui mettent en avant un rythme d'une ampleur inédite. Le récent engouement pour les scissions permettant aux grandes entreprises de valoriser chaque segment de leurs activités en témoigne tout autant. Il y a peu encore, les marchés accordaient plutôt leurs faveurs aux sociétés jouant les synergies et n'hésitant pas à multiplier les opérations de croissance externe, y compris dans des secteurs périphériques de leur coeur de métier. Les grands conglomérats étaient jugés sains, sûrs et surtout aptes à amortir les dégâts en cas de crise. Aujourd'hui, la donne a changé. Les opérations de scissions fleurissent sur les places boursières internationales avec cet unanime résultat : une demande soutenue pour les nouveaux venus à la cote. Les analystes semblent en effet convaincus : un « pure player » est actuellement mieux placé pour forcer les différents barrages géographiques et tarifaires. Et ainsi profiter du fameux « pricing power » offrant au leader la chance d'imposer les prix qu'il souhaite. Et de fait, il est fort instructif de voir que les dernières opérations de scissions se sont toutes soldées par une forte valorisation des filiales introduites, source de création de valeur évidente pour tout le monde. Ce n'est donc pas un hasard si les investisseurs sont si prompts à changer d'idée : ils ne font rien moins que de suivre un mouvement franc et massif, en l'occurrence celui d'une nouvelle manne financière qui leur permettra de faire fructifier leur investissement. Jusqu'au jour où les conglomérats retrouveront toute leur suprématie...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :