Sus aux riches... aux Etats-Unis

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Par Eric Chol, rédacteur en chef à La Tribune.

En France, on épargne les riches. Aux Etats-Unis, on les pressure. Voilà la lecture rapide qu'on pourrait faire de la double annonce, à moins de vingt-quatre heures d'intervalle, de l'allégement de l'impôt de solidarité sur la fortune en France et de la hausse des impôts frappant les foyers américains les plus aisés. Sauf que... Sauf qu'être riche aux Etats-Unis n'est ni une tare, ni synonyme de malheur, tant la pression du fisc américain reste légère à l'égard des millionnaires. Elle ne dépasse pas 23% pour les ménages gagnant plus de 1 million de dollars par an, soit à peine la moitié du seuil maximal que garantissait le fameux bouclier fiscal français, mesure phare du sarkozysme, que le gouvernement s'apprête à jeter aux oubliettes. La preuve qu'en France le débat sur les riches n'est pas véritablement tranché.

Dans les deux pays, la question est devenue politiquement ultrasensible, en cette période de crise et de déficits. Et encore plus à la veille d'élections présidentielles. Des données qu'ont parfaitement assimilées Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Le président démocrate n'oublie pas qu'en 2008 il a été élu d'abord en réaction à la politique de George W. Bush, le multimillionnaire texan, qui avait multiplié les cadeaux fiscaux aux riches. Barack Obama s'apprête à annuler ces derniers et mettre les grosses fortunes à contribution.

En France, Nicolas Sarkozy a certes choisi d'alléger l'ISF, mais se garde bien de le supprimer totalement. Car, comme son homologue américain, le président français a compris que taxer les riches demeure une idée populaire, surtout en période de rigueur budgétaire, à défaut d'être suffisante pour remplir les coffres de l'Etat. Augmenter leurs impôts peut aider à gagner une élection, estime Barack Obama. Supprimer l'impôt sur la fortune peut la faire perdre, répond Nicolas Sarkozy.

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