Marché auto : vers une rupture des stocks ?
Thierry Koenig, cofondateur d'Auto-IES.com
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Avec une chute du marché dans toute l'Europe, le secteur automobile fait face à de nombreuses déconvenues qui vont perdurer dans les mois à venir. Pour sortir d'un contexte de crise économique grave, le marché a été faussé en bénéficiant de subventions étatiques soutenues jusqu'à fin 2010. Alors que les aides automobiles attribuées par de précédents gouvernements (Balladur et Juppé) avaient été arrêtées brusquement, le bonus écologique et le super bonus (prime à la casse) ont été conçus pour disparaître progressivement. À première vue, cette mesure pourrait donc paraître bénéfique. Néanmoins, les effets engendrés par ces primes continuent à fausser la donne.
De "vraies-fausses primes", établies par les constructeurs, accessibles en réalité sur des critères très restrictifs, ont tenté de faire perdurer l'effet "prime à la casse" en début d'année. Le parc automobile français a été dopé par les dispositions précédentes et ces ersatz de subventions des constructeurs. Toutefois, la consommation existe bel et bien. Or, les constructeurs, habitués du phénomène prime à la casse, ont reconstitué au minimum leurs stocks en pensant s'adapter à une demande à venir en chute libre. Ils ont surestimé la baisse de la consommation.
Se sont ajoutées à ce phénomène l'explosion de la centrale de Fukushima et les retombées économiques au Japon. Les fournisseurs japonais interviennent dans les processus de production de l'essentiel des constructeurs. Ainsi, on voit émerger des retards conséquents sur les livraisons des voitures japonaises, bien sûr, mais aussi françaises et européennes. Partout, de nombreuses commandes sont purement et simplement annulées étant donné le manque de stocks prévus et l'impossibilité des constructeurs à honorer les configurations établies de leurs véhicules. Pour pallier cette situation, ils préparent des niveaux d'équipements différents afin de pouvoir anticiper les retards à venir sur les pièces issues de fournisseurs japonais. On peut donc craindre une chute brutale des ventes de certaines marques sur le troisième trimestre.
Thierry Koenig, cofondateur d'Auto-IES.com