La bulle européenne

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Par Jacques Rosselin, directeur de la rédaction de La Tribune

Il devient de plus en plus difficile pour les dirigeants européens de faire des annonces victorieuses au lendemain de sommets pourtant annoncés à grands sons de trompe comme « historiques ». La plupart des citoyens européens resteront comme chaque fois perplexes devant la liste plutôt technique qui constitue ce qu'on appelle hâtivement « un plan de sauvetage ». Pour le moment, seuls les marchés ont décidé - pour combien de jours ? - de s'enthousiasmer pour ce qui ressemble plus à l'exercice de créativité financière d'une banque d'affaires qu'à une décision de gouvernants animés par une vision ou, restons modestes, une simple volonté politique. Pour relancer le rêve européen chez les peuples déroutés, rien de tel qu'un « véhicule spécial d'investissement »...

Vingt ans après, la bulle de Maastricht s'écrase sur la deuxième crise financière : le marché et la monnaie unique devaient faire converger l'Europe politique et encourager la vertu budgétaire. Aujourd'hui, le tandem franco-allemand, regardé avec méfiance ou impatience par ses partenaires de l'Europe des Vingt-Sept, présente comme une victoire une solution qui, pour résorber une crise de dette souveraine, crée encore de la dette (en y impliquant la vertueuse BCE), promet de l'argent public aux banques ou les nationalise purement et simplement. Quant à la révolution de la gouvernance européenne, elle se limitera à la création d'une sorte de commissariat aux comptes chargé de surveiller les pays emprunteurs. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel nous avaient promis un accord global et durable dimanche dernier. Global, l'accord l'est sans doute puisqu'il devrait associer la Chine au financement du plan. Durable ? Traian Basescu, le ministre roumain des Finances nuance : « Que le montant de la recapitalisation des banques soit de 100 ou 200 milliards d'euros, il sera suffisant pour les six ou sept premiers mois. » Voilà un horizon que notre président de la République sait maîtriser.

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Commentaires
a écrit le 28/10/2011 à 13:16 :
pas compris "en y impliquanr la vertueuse BCE" ???

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