Tesla Model S : l'électricité au service de la puissance, les finitions à revoir

 |   |  890  mots
Tesla Model S mesure 2,187m contre 1,811m pour une Laguna. Attention aux trottoirs quand on stationne...
Tesla Model S mesure 2,187m contre 1,811m pour une Laguna. Attention aux trottoirs quand on stationne... (Crédits : DR)
A n'en pas douter, la Tesla Model S 85D impressionne par ses performances techniques. En termes de motorisation, elle prouve que l'électrique peut supplanter le thermique. A condition d'y mettre le prix. Cette voiture de luxe pourrait néanmoins rebuter les clients haut de gamme en raison de finitions décevantes.

La première difficulté rencontrée, lorsque l'on s'installe au volant de la Tesla Model S, est de s'affranchir de l'abondante communication de son flamboyant fondateur, Elon Musk. Rarement, un constructeur automobile n'aura autant créé le buzz autour de sa marque, pourtant dotée d'une seule voiture. En se lançant dans l'essai de cette voiture, La Tribune tente de démêler le vrai du faux ou, du moins, d'ajuster le discours officiel à la réalité. Le modèle essayé est la Model S 85D, la version en-dessous de la P85D.

Voiture atypique

Car, il faut bien le reconnaître, la Model S est une voiture atypique. Non parce qu'elle est 100% électrique. Nous avons déjà essayé la Renault Zoé et la Nissan Leaf, et nous avons déjà pu nous réjouir de la qualité de la conduite à bord de ces voitures. Avec Tesla, nous franchissons un nouveau seuil de performance.

D'abord, son autonomie est sans commune mesure avec ses deux modestes concurrents. Avec 400 kilomètres pour un "plein" (502 km en normes NEDC), on est loin des 130/150 km affichés par Zoé et Leaf.

Mais, le véritable point fort de Tesla Model S réside dans sa puissance. Avec l'équivalent de 428 chevaux (700 chevaux pour la P85D) cette voiture en met plein la vue. Elle offre une montée en puissance de 0 à 100 km/h en moins de 4 secondes (3,3 seconde pour la version P85D). Nous avons pu vérifier cette prise de puissance et nous avons été fortement impressionnés par cette nouvelle expérience de conduite. Les bonnes suspensions permettent de bien gérer les ralentissements même si Tesla pourrait faire mieux en la matière.

Les batteries sont réparties sur l'ensemble du plancher. Cela permet de baisser le point de gravité de la voiture ce qui assure une excellente tenue de route et améliore l'agrément de conduite. En revanche, la voiture est assez basse, ce qui ne conviendra pas aux amateurs de SUV. Il est toujours possible de rehausser le châssis sur trois positions. Plutôt intéressant pour l'aérodynamisme. Moins pratique, la voiture est très large : elle mesure 2,187m contre 1,811m pour une Laguna. Attention aux trottoirs quand on stationne...

Une voiture moins "flamboyante" en termes de finitions

Excellentes performances techniques, la Tesla se montre moins "flamboyante" du côté des équipements et de l'aménagement intérieur : des prestations assez décevantes compte tenu du prix de la voiture (entre 73.900 et 105.800 euros). Certes, l'écran 17 pouces est imposant. Posé à la verticale, il occupe toute la console centrale et s'attache à contrôler l'ensemble du véhicule : des dégivrants avant et arrière, à la climatisation en passant par le verrouillage de sécurité de la portière, sans oublier le multimédia ou la télécommunication. Il est évolutif puisqu'il est capable d'ajouter des options via une simple mise à jour. Ainsi, les clients de Tesla se sont récemment vus équipés du régulateur de vitesse adaptatif, et de l'avertisseur d'angle mort.

Impressionnant, mais pas forcément pertinent car il faut parfois chercher dans le menu avant de trouver certaines commandes qui, sur des voitures classiques, sont accessibles d'un seul bouton sur le tableau de bord. On se contentera par ailleurs d'une climatisation bi-zone, un choix cependant justifié compte tenu de la consommation d'énergie. Régulateur de vitesse adaptatif (plutôt pratique avec sa manette sur le côté), avertisseur de dépassement de voie... On retrouve ainsi les équipements de base et utile, mais pas davantage.

L'écran détourne l'attention

Sur l'aménagement intérieur, là, on s'attendait à mieux. Il est vrai que l'immense écran détourne toute l'attention, pourtant, sur le reste, tout est très classique, peu original. On apprécie toutefois l'alcantara et son aspect velours posé sur une partie de la planche de bord ou sur le plafond. Partout ailleurs, les plastiques sonnent creux et ne sont pas dignes d'une voiture dite "de luxe".

Le choix de la technologie électrique offre à Tesla de nombreuses latitudes, et la marque californienne ne s'en prive pas. A l'avant comme à l'arrière, l'espace est très confortable, sans pour autant rogner sur le coffre arrière. De plus, un petit coffre est offert à l'avant.

Sur le design de la carrosserie, Tesla signe une ligne mi-sportive mi-classique très reconnaissable. Il suffit d'ailleurs de rouler dans les rues de Paris pour le constater : Tesla Model S ne laisse pas indifférent et attire le regard, et les conversations.

Un positionnement réussi

Elon Musk a réussi là où de nombreuses autres marques échouent lamentablement sinon onéreusement : se positionner sur le segment haut-de-gamme et installer sa légitimité sur ce créneau, en un temps record. Il doit ce succès au pari technologique de la motorisation électrique. Son autonomie et sa puissance justifient à eux-seuls ce créneau. Il n'en reste pas moins que l'on s'attendait à mieux en termes de finitions et de niveaux d'équipements.

Après le Model X, un SUV qui sera lancé en fin d'année aux Etats-Unis (début 2016 en Europe), Elon Musk ambitionne de lancer des voitures moins chères (autour de 35.000 dollars). Ce ne sera pas une raison pour faire l'impasse sur la qualité des matériaux et de l'aménagement intérieur.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/06/2015 à 17:11 :
" Il est toujours possible de rehausser le châssis sur trois positions. Plutôt intéressant pour l'aérodynamisme". On pourrait avoir des explications, là ???
Réponse de le 21/06/2015 à 22:23 :
en option, on peut choisir la suspension pneumatique qui permet 4 niveaux de hauteur de châssis. Il faut noter que le GPS mémorise les positions de hauteurs, ainsi si tous les jours on franchi un seuil ou un dos d'âne particulièrement haut, la voiture se lève seule avant l'obstacle. La voiture baisse aussi à la position la plus basse à partir d'une vitesse déterminée ( autoroute) améliorant ainsi l'aérodynamique

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :