Présidentielle 2017 : quelle vision pour 2032 ?

 |   |  411  mots
(Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Le président François Hollande est délibérément parti en campagne présidentielle pour les deux années à venir. Cette campagne s'annonce très pauvre, comme le sont les présidentielles françaises depuis trente ans.

Pauvre dans le sens où depuis trente ans ce sont des campagnes de destruction de l'adversaire et non de proposition d'un projet, d'une vision pour la France, pour les Français.Il faut développer un vote d'adhésion.Ces dernières campagnes avaient comme programme les tendances à trois ans.

Le Président Sarkozy a eu son élan coupé au bout de seize mois avec la crise de 2008. Ce sont des programmes d'ajustement de tendances ; voilà où nous en sommes, voilà ce que nous allons corriger.

Des chiffres, des chiffres, des chiffres...

Dans cette chronique, nous avons plusieurs fois parlé de vision, puisque ce mot est plus compris que prospective. Une vision pour un État comme la France, c'est au moins à dix ans pour certains sujets, plus amplement à vingt ans, donc 2027 ou 2037, voire plus loin pour certains sujets de recherche ou d'aménagement du territoire. Pour faire court : on peut soit partir de la France et tracer sa vision ; soit partir du monde, revenir à l'Europe, puis à la France.

Le plus spontané est de partir de la France. C'est la plus grande erreur.

C'est le monde de 2030/2040 qui doit être notre point de départ.

L'environnement est mondial, l'économie est mondiale (à moins d'un effondrement de l'Union européenne), la démographie est mondiale, la technologie est mondiale.

Dans ce monde, quelle sera la place de l'Europe, de la France, qui conserve dans le monde une place particulière qu'elle peut protéger, à condition de conserver une crédibilité mondiale, donc de regarder le monde.

Lorsque l'on part du monde, les sujets qui nous concernent aujourd'hui (coût de l'État, retraite, temps de travail, migration, école, islam, recherche, culture, qualité de vie, etc.) se résolvent comme des étapes naturelles à franchir pour être dans la course. Ceci ne signifie pas perdre notre identité, heureusement. Ceci signifie tout simplement anticiper pour mieux agir, mieux réagir. Donner un horizon à la France, c'est regarder plus loin que la déprime qui nous mine. Dans une entreprise, on appelle cela « lever la tête du guidon », voir loin, prendre de la hauteur. Et une campagne présidentielle, c'est l'occasion unique de prendre de la hauteur. Les rouges, les verts, les noirs partent de la France.

Que les autres partis regardent le monde et construisent des visions pour la France.

Chiche ?

Je repars en plongée.

_______

L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :