Le siècle des femmes puissantes

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À l'image de l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde à la BCE, de l'économiste bulgare Kristalina Georgieva à la tête du FMI, ou bien d'Esther Duflo (photo), nouvelle Prix Nobel d'économie, de plus en plus de femmes puissantes prennent la lumière et donnent aux autres le signal que nous entrons dans un siècle au cours duquel l'égalité entre les hommes et les femmes ne sera peut-être plus un sujet.
À l'image de l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde à la BCE, de l'économiste bulgare Kristalina Georgieva à la tête du FMI, ou bien d'Esther Duflo (photo), nouvelle Prix Nobel d'économie, de plus en plus de femmes puissantes prennent la lumière et donnent aux autres le signal que nous entrons dans un siècle au cours duquel l'égalité entre les hommes et les femmes ne sera peut-être plus un sujet. (Crédits : Reuters)
ÉDITO. Alors qu'il s'agit d'un des domaines d'activité les plus féminisé - en France, environ 6 femmes sur 10 en moyenne parmi les salariés de la banque et de l'assurance -, la finance reste un club essentiellement réservé aux hommes dès que l'on monte dans la hiérarchie. Selon le FMI, seules 2 % des banques dans le monde sont dirigées par des femmes. Par Philippe Mabille, directeur de la Rédaction.

Le constat établi par La Tribune dans le cadre de notre enquête sur la place et le pouvoir des femmes dans le secteur de la finance est accablant : alors qu'il s'agit d'un des domaines d'activité les plus féminisé - en France, environ 6 femmes sur 10 en moyenne parmi les salariés de la banque et de l'assurance -, la finance reste un club essentiellement réservé aux hommes dès que l'on monte dans la hiérarchie. Selon le FMI, seules 2 % des banques dans le monde sont dirigées par des femmes. En Europe, Ana Botin est présidente de Santander et Alison Rose va prendre la direction de RBS (Royal Bank of Scotland). Mais toutes les autres banques sont dirigées par des hommes. Comme dans beaucoup d'autres secteurs de l'économie, la finance reproduit les stéréotypes de genre : les femmes sont en majorité représentées dans les fonctions support, comme la communication, les RH, ou dans une version plus moderne, dans la RSE ou la finance durable. Mais elles sont encore minoritaires aux postes, plus stratégiques, de direction financière ou des risques.

Pourtant, des progrès réels sont réalisés : un quart des membres du conseil d'administration des 114 plus grandes institutions financières mondiales sont des femmes, soit deux fois plus qu'il y a quinze ans. Les entreprises financières françaises s'arrogent les meilleures places au top 10 des conseils les plus féminisés et respectent l'objectif de 40 % de femmes au conseil fixé par la loi Copé-Zimmermann ; mais elles sont encore loin du compte en ce qui concerne la proportion de femmes dans les Comex.

La Tribune a interrogé à ce sujet les dirigeants des principales ban­ques et compagnies d'assurance françaises pour leur demander comment ils comptent améliorer cette situation : tous sans exception reconnaissent que si la mixité ne se décrète pas, cet objectif ne pourra être accéléré que si sont mises en place des politiques volontaristes pour augmenter la proportion de femmes dans le vivier des hauts potentiels identifiés pour fournir les dirigeant.e.s de demain. Sans doute ces patrons entendront-ils l'appel de Christine Lagarde : « Sans des quotas imposés par le haut, nous n'arriverons pas à la parité .» C'est désormais dans les comités exécutifs que l'attention va se porter, afin que la féminisation des directions des banques et des assurances devienne une réalité.

Lire aussi : Pour Lagarde, « la féminisation de la finance n'est pas une option, c'est une nécessité ! »

Toutefois, l'effort ne concerne pas que la finance : le secteur de la tech est aujourd'hui pointé du doigt alors que le machisme de la Silicon Valley, temple des geeks à capuche, n'est plus à démontrer. Une chose est certaine : à l'image de l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde à la BCE, de l'économiste bulgare Kristalina Georgieva à la tête du FMI, ou d'Esther Duflo, nouvelle Prix Nobel d'économie, de plus en plus de femmes puissantes prennent la lumière et donnent aux autres le signal que nous entrons dans un siècle au cours duquel l'égalité entre les hommes et les femmes ne sera peut-être plus un sujet de une pour La Tribune. En attendant, ce n'est pas de sitôt que Lehman Brothers cédera la place à Lehman Sisters (pour paraphraser une formule célèbre de Christine Lagarde), et que l'on s'évitera donc la prochaine crise financière...

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Retrouvez les autres articles de notre Dossier spécial Femmes dans la finance dans La Tribune Hebdo n°306 disponible depuis le vendredi 18 octobre 2019 en kiosques (version papier) et sur notre site (en version numérique).

Photo UNE H306

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Commentaires
a écrit le 25/10/2019 à 20:38 :
Cela ne choque visiblement personne que LAGARDE ait été pistonnée pour le poste au vu de son CV (avocate ) ...Ah oui , parce que c'est une femme et qu'elle le vaut bien sans doute...
On est vraiment rentré dans le monde de l'incompétence et de la magouille érigée en système mais rassurez vous cette tartufferie se terminera avec l'émergence chinoise .
a écrit le 20/10/2019 à 19:55 :
Je pense qu'il va falloir arrêter ce mythe de la femme plus sensée et plus douce dans les affaires.
Aux responsabilités il n'y a pas de différences fondamentales entre les hommes et les femmes car elle subissent des lobbying et des pressions comme les hommes.
Ce qui serait plus utile ce serait d'interdire les groupes d'influence politique et donc le lobbying légal.
a écrit le 20/10/2019 à 19:52 :
Vous oublie un peu beaucoup vite que MME DUFLO partage son NOBEL avec DEUX hommes dont son mari .
a écrit le 20/10/2019 à 16:18 :
pff, de toutes façons les femmes c'est toutes de gonzesses
a écrit le 20/10/2019 à 10:27 :
2% comme les levés de fonds 2% y a t'il corrélation? en tout cas pour avoir le même chiffre que dans le monde, finalement tout est dit.
a écrit le 20/10/2019 à 10:09 :
Madame Duflo, scientifique, à savoir indispensable à notre humanité, pourrait mal prendre le fait que vous utilisiez sa photo pour illustrer un article essentiellement sur la finance, destructrice de notre humanité.

Le journalisme adore mélanger les torchons et les serviettes.
a écrit le 20/10/2019 à 9:36 :
Je trouve la conclusion de l'article ahurissante, la féminisation de la finance empêcherait la prochaine crise financière. Les stéréotypes de genre se portent très bien.
Réponse de le 20/10/2019 à 10:29 :
C'est vrai, mais néanmoins aux us, a partir de 2008 ils ont obligé a ce que cela soit le cas dans leurs groupes financiers!

Donc, toute la question est discutable pour le moins !
a écrit le 20/10/2019 à 8:52 :
" et que l'on s'évitera donc la prochaine crise financière" Je vois pas pourquoi une femme a la tete d une banque ne sera pas aussi cupide et sans scrupule qu un homme ... C est penible cette idee de croire que une personne sera meilleure (ou pire) juste a cause de son sexe. Par ex Catherine II de russie n a pas hesite a executer son marie pourprendre le pouvoir. Chez nous Segolene a mis en faillite sa region et se paie sur la bete comme ambassadrice aux poles (sans aller aux reunions associees sa charge). Franchement est elle meilleure qu un Gaudin ?

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