Un « monsieur X » pour 2022 ?
Marc Endeweld
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dr La Tribune
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« Et si on te mettait, toi, à Matignon ? » La question du président Macron se veut innocente, mais pas tellement. Dans son bureau de travail, celui se situant à l'angle, il fait face en ce début d'été à son secrétaire général, le très discret Alexis Kohler. « Comme ça tu pourrais continuer à terroriser les directeurs d'administration en direct », poursuit le chef de l'Etat. « Je ne suis pas sûr d'être la bonne personne pour ce poste. Je préfère l'ombre. Et j'ai tellement de dossiers à gérer dans les prochains mois, j'ai besoin de rester sur le pont à l'Elysée, mais vous êtes le seul juge... »
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En guise d'un secrétaire général à Matignon, le président décidera finalement d'y nommer un ancien secrétaire général adjoint, Jean Castex. Sans l'ombre d'un doute. Peu importe si l'image technocratique de l'exécutif se renforce à 600 jours de la présidentielle. Seule compte « l'efficacité » estime Emmanuel Macron. Et puis, dans ce domaine si restreint des « technos » seuls capables de gouverner l'Etat, il sait que lui seul peut faire l'affaire : « Quelle figure propose LR ou le PS ? Hollande ? Bertrand ? C'est une blague ! »
Ce dimanche de fin d'été, le président a demandé à Bruno Roger-Petit, son « conseiller mémoire », de l'accompagner en balade du côté du Touquet. Histoire de prendre l'air, loin de la capitale. « Bruno, comment tu vois les choses ? ». L'ancien journaliste s'exécute : « Monsieur le président, je pense que votre principal adversaire aujourd'hui, c'est l'inconnu. On pourrait se retrouver dans un scénario où un "monsieur X" apparaîtrait dans les derniers mois de la présidentielle... » À ces mots, le jeune président se raidit, sa mâchoire se contracte.
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